N I C E (42)

                     NICE : POSTFACE

Le désir de Nice est de plus en plus fort chez nos concitoyens.
Mais si le niçois est fier de sa ville, cela ne veut pas dire qu’il y vit bien. Certes la proximité de certains lieux de loisirs, de commerce et d’échange donne un sentiment de bien être et de liberté. Mais, les plaintes se multiplient. Elles concernent l’environnement, la pollution, le bruit, la saleté, mais aussi l’insécurité et la circulation…

Alors, on peut rêver. Rêver d’une ville idéale.
Une ville où tout serait accessible et durable, dans chaque quartier et pour tous. Proximité des services privés et des équipements publics, fluidité du trafic, avec des rues rendues aux piétons et des voitures enterrées – routes et parkings en sous-sol -, sécurisation de tous les espaces ouverts et fermés, qualité et confort de l’habitat, le tout à des coûts abordables.

Une ville dessinée et co-construite par les habitants eux-mêmes, et qui soit la maison commune de tous.
Une ville attachée à ses racines, qui respecte la tradition et la transmission,  mais en même temps ouverte sur l’extérieur, qui recherche le progrès social et le développement économique.
Une ville qui dessine un avenir pour chacun de ses habitants, qui ne juge pas, ne condamne pas, ne rejette pas. Qui respecte les différences et ne détruit pas ce que nous sommes.

Ce que cherche le niçois avant tout, c’est la qualité de vie. Ici, dans sa ville. Retrouver… retrouver un lien charnel avec sa ville, et les autres. Avec ses relations profondes faites de l’ambivalence du sentiment, appropriation et amour, et du sens, appartenance et liberté. Et plus que tout, ce que nous voulons préserver, quitte à le ré-inventer, c’est le sentiment profond de notre destinée niçoise.

En exaltant cette réification du lien affectif que nous éprouvons pour notre ville, notre Nice. A laquelle nous sommes attachés, mais jaloux de son appartenance aux autres. Dans laquelle nous sommes enracinés, mais libre d’en connaître une autre. Pour laquelle nous sommes prêts à nous battre, mais en retenant notre fougue.

En intensifiant notre regard sur ces empreintes du passé et ces tendances de demain, qu’il nous faut décrypter pour préparer l’avenir. Celles du vieillissement des populations, de l’accroissement des migrations, des bouleversements économiques et des transformations de nos structures familiales. D’autres encore.

Il nous faudra répondre à toutes ces aspirations d’amélioration et de changement qui foisonnent, parfois s’opposent, toujours se cristallisent.

Bâtir un projet pour Nice. S’engager pour l’avenir de notre ville.
Ne pas rester à la surface des choses, voilà la contrainte de chacun, de chaque responsable.
Ne pas se revendiquer d’une seule certitude, comme une seule réponse possible, parce que c’est plus simple.
Ne pas s’autoriser à croire que l’on peut résoudre tous les vrais problèmes par de faux petits arrangements.

Alors, dès aujourd’hui, il nous faut penser. Penser global et agir local. Repenser, moins,  mais mieux.
Et pour cela nous avons besoin de la Politique.

 

La Politique, avec un grand P, doit retrouver ses lettres de noblesse en se donnant comme objectif, et trouver les moyens de ce faire, de permettre à l’homme d’être à nouveau maître de son destin. Et recouvrer le bonheur du vivre ensemble.

Quand les droits se multiplient, les lois se complexifient, les réseaux sociaux s’exponentialisent, et que les rapports entre les individus deviennent de plus en plus conflictuels, c’est que la politique a déserté.

Quand la culture générale n’a plus de valeur, que l’histoire de France est dénigrée, que la République et la Nation sont soldées de tout compte, c’est que, là encore, la politique a déserté.

En France, comme à Nice.

Alors, à Nice, il nous faut rechercher au plus profond de nous-mêmes, les leviers pour reprendre les choses en main.

La tâche à venir est lourde. Elle n’est pas spectaculaire. Mais elle est incontournablement et nécessairement vitale. Comme l’est l’amour qu’une mère porte à ses enfants. Comme celui d’un père qui donne, sans attendre de recevoir.

Cette tâche nous devons l’entreprendre, sans attendre. Avec un projet pour Nice qui soit une véritable révolution urbaine et citoyenne. Un projet qui unit, fédère, et surtout, associe les citoyens à la chose publique. Parce que si nous voulons construire Nice de demain, il faut construire une ville qui assure notre devenir et celui de nos enfants. Qui lutte contre l’indifférence et l’isolement, qui ne creuse pas le fossé entre les quartiers qui gagnent et ceux qui ne gagnent pas. Qui reste fidèle aux valeurs qui fondent le socle de notre République Française et place l’humain au cœur de tout.

Avec des politiques dont les maîtres mots sont l’écoute et la participation, le pluralisme et la transversalité. Et pour cela, repenser l’action publique, à la fois en partant des besoins exprimés par les niçoises et les niçois, et en définissant, avec l’ensemble des partenaires publics et privés, un projet global.

Avec des hommes et des femmes qui en soient les porteurs de confiance. Qui mobilisent et rassemblent autour d’eux, sans appartenances partisanes. Et agissent, avec chacune et chacun, en transparence, dans le respect de la différence.

Dès aujourd’hui. Car comme disait Henri Lacordaire, « entre le passé où sont nos souvenirs et l’avenir où sont nos espérances, il y a le présent où sont nos devoirs

C’est cette aventure humaine collective qu’il nous faudra mener.
Une autre histoire. Un prochain rendez-vous.

 

Richard POGLIANO

Les commentaires sont fermés.