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NICE : LES CLEFS DE LA RUPTURE (5)

    5ème rupture. Faire d’urgence le choix de la croissance verte et répondre aux enjeux humains et écologiques.

 

A Nice, plus qu’ailleurs, notre environnement est exceptionnel, et doit le rester. Mais à Nice, comme ailleurs, les difficultés économiques et sociales sont bien présentes.
Alors, s’il est un secteur qui peut nous permettre à la fois de régler nos difficultés tout en préservant notre environnement, il est urgent de franchir le pas, et faire le choix de la croissance verte. C’est-à-dire du développement durable.

Mettre en œuvre une politique de l’énergie au niveau local, et donc un plan de développement des activités compatibles avec le respect de l’environnement et de la sécurité des niçois, c’est favoriser la création d’emplois.

De l’emploi pour tous, à tous les niveaux de qualification et pour l’essentiel non délocalisables. Construire des maisons et des bâtiments qui produisent leur propre énergie, en électricité, chauffage et eau chaude. Et donc sont autonomes. Mieux, peuvent en fournir aux autres. C’est créer des emplois, d’installation et d’entretien, sur site, et qui n’iront pas ailleurs. Et c’est réduire, et sa facturation énergétique, et les émissions polluantes.

Si l’on adopte une attitude volontariste pour développer la filière qui va avec, aussi bien en amont qu’en aval, cette politique de développement durable visera l’exigence dans la qualité de la formation, et la création d’une nouvelle cohésion sociale. Par exemple, en fixant des priorités aux entreprises dans le recrutement local de ses employés, et la mixité des statuts.

 

Il en va de même pour ce qui concerne les déplacements et les modes de transports collectifs, comme le tramway à Nice. Et toutes les dernières innovations techniques et urbanistiques, en termes de construction et de rénovation des bâtiments, d’isolation, de recyclage, de dépollution. Dans les domaines des réseaux électriques intelligents, de l’efficacité énergétique, l’éolien, le solaire, l’énergie marine, la chimie verte, la biomasse et la géothermie.
Bref, chacun pourra vivre dans un environnement propre. Nice pourrait devenir l’éco-cité de demain.  C’est cela, le développement durable. C’est cela, l’enjeu. La bataille pour une croissance verte.

 

Certes, le développement durable à lui seul ne règlera pas le chômage. Mais il est une voie d’excellence pour nous, ville du soleil. Et si ce n’est pas un miracle, c’est une nécessité. D’autant que c’est aussi notre indépendance énergétique locale qui se joue là. Et puis, nous avons notre Méditerranée. En faire la plus propre de toutes les mers, ne serait-ce pas lui rendre un peu de tout ce qu’elle nous apporte ?

 

Alors, comme en matière de stratégie économique, la collectivité territoriale doit être pilote et son intervention doit amener tous les partenaires, publics et privés, à devenir acteurs de ce développement durable. Même si de nombreux freins existent, avec un Etat, dont la lisibilité en la matière est à géométrie variable. Avec une absence de réelle filière et une réglementation  des plus complexes.

Il est alors important d’avoir des actions incitatives, pour encourager toutes les initiatives respectueuses de l’environnement.
Mais on peut considérer que ces soutiens ne sont ni les plus efficients, ni les plus efficaces pour atteindre notre objectif. Il faut essayer, comme indiqué précédemment, de privilégier l’action directe.
Et dans cette optique, il importe à la collectivité de mettre en adéquation cette nouvelle politique durable avec tous les autres programmes d’urbanisation et projets de développement. Les nôtres, et ceux de tous nos partenaires. Pour que cette stratégie devienne un véritable levier de développement local.

Ce sont tous les services de la ville qui doivent être impactés par une telle démarche. Parce qu’il s’agit, ni plus ni moins, de modifier tous nos modèles, de consommation, de production, d’organisation de la vie et de la pensée.
Et celui du fonctionnement de la Collectivité Municipale, qui doit anticiper, pour déterminer les besoins, coordonner, pour réaliser des synergies, fédérer, pour générer des réseaux, et agir, pour inciter et piloter.
L’urgence est là. Et, il serait intéressant de pouvoir évaluer, mais cela est difficile en l’état actuel, le coût de l’absence de choix. C’est-à-dire, les dépenses qui seraient à réaliser pour réparer, demain, les conséquences d’une non-action, aujourd’hui.
Sûrement, un coût inacceptable.

(à suivre)

 

Richard POGLIANO

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