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NICE : LES CLEFS DE LA RUPTURE (2)


     2ème rupture. Associer les citoyens à la chose publique, dans un véritable souci de co-construction, en toute indépendance.

Tout le sens d’une action municipale, comme d’ailleurs d’une action nationale, réside dans sa construction collective permanente.

Nous vivons à Nice dans un système où tout ce qui est décidé vient d’en haut. Où tous les projets structurants, quelqu’en soit le domaine, sont l’apanage de technocrates. Il ne s’agit pas ici, bien entendu, de mettre en cause des hommes. Loin s’en faut. Mais de la réflexion sur un système qui déconnecte complètement le niçois de sa ville, et de son projet.

Associer les habitants d’une ville à sa pleine réalisation, n’est-ce  pas une belle et juste ambition ? Ce qui est essentiel, c’est de rêver ensemble notre Ville dans 10, 20 ou 30 ans.
Mais cette technocratie refuse, se nourrit « à l’identique » et oblige Nice à conserver l’organisation d’une « technostructure administrative centralisée ». Une organisation hiérarchique, pyramidale, centralisée et bureaucratique, qui nuit à l’efficacité de l’action publique.

Or à l’heure de la mondialisation, penser global est une obligation, agir local est une nécessité. Et bien, cette technocratie doit être remise en question, en mettant le citoyen au centre de ses préoccupations.
Je reste convaincu qu’il n’existe pas de fatalité à notre mode de gouvernance. Qu’une action municipale ne peut se concevoir au travers d’un centralisme jacobin. Qu’il nous faut, absolument, passer d’un système pyramidal obsolète à une organisation transversale en réseaux, dotés de pouvoirs et de contre-pouvoirs.
C’est seulement de cette façon qu’on pourra rapprocher les citoyens des élus, combler le fossé entre les attentes et besoins de la population, et les réponses qui y sont apportés.

Parler de co-construction est une autre façon de nommer cette nouvelle gouvernance, qui, dans une démarche participative, remet le citoyen au cœur de toute chose. C’est aussi un moyen de recréer des liens. Et de se retrouver. De réapprendre à travailler ensemble, en étant, tout à la fois, acteur et responsable.

Bien sûr, pour cela, il faut des moyens, du temps et des formations,  des budgets, aussi. Un peu comme cela était organisé dans les conseils de quartiers.
Mais il faut, surtout, mettre en place une méthode.
Assurer la représentation des citoyens et de l’ensemble des acteurs concernés, géographiquement et professionnellement. Faire le choix, collectif, des thématiques abordées, sans ne rien occulter. Faire circuler l’information, pour que chacun se l’approprie. Organiser des débats, avec de véritables confrontations d’idées, pour que les décisions prises en soient la résultante. Mettre en place un  feedback, à chaque étape.
Bref, une véritable méthodologie de la participation.

Ainsi, la libre expression des acteurs de la vie publique locale, qu’ils œuvrent dans le domaine associatif, culturel, sportif ou social, sera entendue, de même que l’expertise des agents économiques locaux, ainsi que celle des acteurs privés ou publics concernés. Afin de bâtir un véritable projet, avec un nouveau pacte citoyen.
Pour que chaque niçoise, et chaque niçois, soit associé à l’action de la vie publique locale.
(à suivre)

Richard POGLIANO

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