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NICE : LES CLEFS DE LA RUPTURE (1)

 

            Nous avons la chance de vivre dans une ville à taille humaine. Même si elle est la cinquième de France. C’est le miracle de notre environnement.
Alors, ne perdons pas notre ville. Méfions-nous des projets, innovants ou pas, qui ne changeraient rien. Ou qui seraient contreproductifs. Restons sur l’essentiel. C’est déjà beaucoup, nous l’avons vu. Et, suffisant.

Pour façonner notre territoire pour les 20, 30 ans à venir, avoir une ville équilibrée, durable et centrée sur ses concitoyens, et faire de Nice, l’authentique, la fidèle mais aussi la renouvelée, il nous faut ouvrir de nouveaux chantiers, de nouvelles portes. Dont il nous faut les clefs.
Des clefs qui vont nous permettre de relever tous les défis, parce qu’elles sont des préalables. Comme autant de ruptures dans nos habitudes, de pensée et d’analyse.
Cinq clefs pour rompre avec l’endettement improductif, les difficultés de communication, le malaise ambiant, les vieilles gouvernances et les pensums traditionnels. Comme cinq préavis.

 


    1ère rupture. La maîtrise des comptes et le retour à l’équilibre des finances publiques.

La question financière est essentielle pour une ville. Les financements de l’ensemble des projets urbains dépendent à la fois des collectivités publiques et des acteurs privés. Mais la puissance publique doit veiller à ce que ses financements soient parfaitement contrôlés.
Face aux différents désengagements, notamment de l’Etat, les collectivités territoriales dépensent des budgets de plus en plus importants. Au risque de devenir le tonneau des Danaïdes.

La Collectivité Municipale n’a donc pas d’autre choix que de maîtriser sa dépense et sa dette. Et d’abord de s’imposer le retour à l’équilibre de ses finances publiques.
J’ai toujours pensé qu’en la matière, un triple regard s’impose, celui de la fiscalité, de la rigueur et du développement. Comme un triangle d’or.

Le budget primitif de la ville s’élève à  près de 700 millions d’euros, dont un peu plus de 300 millions proviennent de la fiscalité, avec un encours de la dette avoisinant les 400 millions d’euros.
Jusqu’alors stables, les impôts locaux ont fortement augmenté en 2009, avec une hausse de 17,7% de la taxe d’habitation et de 16,5% de la taxe sur le foncier bâti. Notre niveau de fiscalité directe par habitant est devenu supérieur au niveau moyen français.
Amorcé à partir de 2008, confirmé en 2009, le rétrécissement des marges de manœuvre augmente depuis 2010  et devient fortement préoccupant aujourd’hui. A cela s’ajoute une conjoncture très défavorable.
Des décisions doivent donc être prises. D’autant que l’écart entre l’évolution structurelle des dépenses et celles des dotations, impactent directement les capacités d’autofinancement de la commune et le niveau de ses investissements. Dans un contexte de crise durable et de gel des dotations, les finances publiques de notre commune sont sous haute tension. Il est donc urgent de retrouver l’équilibre de nos comptes publics.
Face à cette situation d’endettement, des plans d’économie s’imposent. Et ils devront être d’autant plus conséquents que l’endettement sera important. Comme c’est le cas pour notre commune.

Le propos, ici, n’est pas d’élaborer un tel plan.
Mais, dans un tel cas, en adoptant un logiciel GBS – Gros Bon Sens – les mesures de réduction de la dépense devront toucher tous les domaines. Et d’abord, celui du train de vie de la collectivité, des frais de bouches à ceux de communication, en passant par les frais de déplacement, et ceux liés aux recrutements et interventions extérieurs. Mais également, et surtout, ces mesures de réduction nécessiteront une gestion des plus rigoureuses dans les moyens utilisés. Non pas des coupes sombres. Cela n’a pas de sens. Mais une réelle et fine approche de chaque dépense, au regard de son efficacité réelle, notamment dans la réalisation des objectifs poursuivis.
Je le répète, ce qui est important dans la dépense, c’est son efficacité. Et c’est au regard de cette dernière que s’élaboreront les plans d’économie.
Il ne faut pas confondre, rétablissement des comptes et mise au point mort de l’activité municipale. Ne pas confondre plan d’économie et cure d’austérité.
La Collectivité Municipale ne doit pas renoncer à ses investissements. Parce que je l’ai dit précédemment, ce n’est pas seulement l’excès de dépenses qui entraîne la hausse de la dette publique. Et ce n’est pas seulement la réduction des dépenses qui permet de réduire la dette publique. La dette provient aussi de l’insuffisance de recettes.
La Collectivité Municipale doit donc, à la fois, maîtriser ses dépenses tout en augmentant ses ressources, c’est-à-dire, permettre la relance de l’activité économique et trouver de nouvelles formes de recettes. Bref, devenir une mairie stratège et une mairie entrepreneuriale.
(à suivre)

Richard POGLIANO

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