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NICE : LA PREUVE PAR TROIS (2)

Considérant d’abord que notre Collectivité Municipale est un agent économique parmi les autres, et qu’elle n’a pas vocation à se substituer aux acteurs privés que sont les ménages et les entreprises, s’ils ne sont pas défaillants.

Ce qui ne veut pas dire que nous soyons sans interaction. Bien au contraire. Une politique publique peut tout à fait influer sur la décision d’implantation d’une entreprise, d’installation d’un ménage. A la condition expresse, en amont, d’analyser finement choix et comportements de ces acteurs privés. Pour les bien connaître.

Cela veut dire que nous devons réaliser une segmentation socio-économique des quartiers de Nice, que nous avons par ailleurs déjà eu l’occasion d’aborder.
Car Nice, nous l’avons vu, est une ville formée de plusieurs villages, et, trop souvent, les politiques mises en œuvre ne sont fondées que sur des opérations imposées aux quartiers et à leur population. Sans prendre en compte ni les attentes, ni les besoins des populations. C’est l’inverse qu’il faut faire.
Un responsable ne peut être véritablement efficace que s’il est quotidiennement en contact avec ses administrés.
Il faut donc, mettre en place une politique territoriale de proximité avec une diminution du nombre de niveaux hiérarchiques mais de forts moyens humains sur le terrain, un resserrement du nombre de directions mais avec des compétences partagées, et la création de directions ayant un périmètre fonctionnel et homogène.
Il s’agit d’une nouvelle orientation de la politique de proximité, où l’administré pourra mesurer la différence, celle provoquée par un management beaucoup plus près de ses préoccupations.
« Tout ce qui peut être fait à l’échelon de l’administré doit l’être », voilà le maître mot.
Bien sûr, la loi de février 2002, relative à la Démocratie de Proximité, a mis en place les conseils de quartiers, qui comprennent des représentants de la population associés aux élus municipaux.
Ils contribuent à la gestion de la vie du quartier dans des domaines aussi variés que circulation, signalisation, éclairage public, espaces verts, propreté, environnement, cheminements piétons.
Ils peuvent émettre des avis concernant la situation du quartier dans d’autres domaines, comme voirie, trottoirs, bâtiments communaux, réseaux divers, ordures ménagères, transports en commun, installations sportives ou socio-culturelles, animations, vie sociale, jeunesse, femmes, sécurité, etc.
Enfin, ils peuvent être consultés par le maire, qui peut les associer à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des actions intéressant le quartier, en particulier, celles menées au titre de la politique de la ville, et peuvent, eux-mêmes, lui faire des propositions sur toutes questions concernant le quartier ou la ville.
C’est un atout indispensable pour une meilleure gestion publique.

Encore faut-il les faire fonctionner, réellement, et s’en donner les moyens, humainement et financièrement.
Il n’y a rien de pire que ce sentiment qu’ont les citoyens, très majoritairement, de n’avoir aucune influence sur les orientations des décisions municipales, d’en être dépossédés. Alors que, malgré le manque de temps et d’informations, chacun est prêt à s’investir.

C’est une vraie pratique de la démocratie et de la concertation, permanente et quasi-quotidienne, en lien direct avec l’administration communale et ses élus. Sur toutes les opérations municipales, de la mise en place d’un cheminement piéton, au sens de circulation d’une rue, en passant par la réhabilitation d’espaces verts. Et le citoyen a, alors, un rôle de réflexion et d’explication, en même temps qu’il est porteur des besoins et des souhaits de la population qu’il représente.
C’est aussi la redécouverte du débat, de l’apprentissage du travail en commun, et de l’élaboration de propositions. Avec autour d’une table, tous les partenaires, élus, responsables de l’administration communale, fonctionnaires de toutes les fonctions publiques, entrepreneurs, employés, syndicats, commerçants, artisans, étudiants, associations…
Ainsi, en se rapprochant du citoyen, en le prenant totalement en compte, non seulement il participe à la vie publique, mais il permet à la Collectivité Municipale d’analyser la situation de chacun des quartiers. Sous tous ses aspects. Et donc, par exemple, d’améliorer la pertinence de ses politiques d’aménagement. Ou de motiver l’installation d’un investisseur ou d’un commerçant dans un quartier donné.

Il faut donc intégrer une forte politique de proximité à toute stratégie municipale.
Etre une mairie de proximité.

(à suivre)

Richard POGLIANO

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