N I C E ( 21 )

NICE, GROS PLAN (1)

« Qu’avons-nous envie de faire de notre ville ? »

Quand on est en responsabilité, répondre à cette question, c’est s’engager à élaborer une politique globale structurante. Penser un nouveau modèle pour Nice.
Dans le continuum de ses évolutions, la cohérence de sa morphologie, mais surtout, en collaboration avec sa population, et en s’inscrivant dans une durée qui ne peut être celle de l’immédiateté.
Voilà pourquoi il est nécessaire d’examiner, en gros plans, quelques problématiques incontournables qui permettent, parce que plus structurantes que les autres, d’améliorer le « vivre ensemble. » L’emploi, le logement, la sécurité, les finances sont de ces composantes, déterminantes dans un projet de ville.

Répondre à cette question, c’est aussi se dire qu’une ville est produite par de nombreux acteurs, privés et publics. Avec, pour beaucoup, un pilote que l’on appelle le marché. Or, la poursuite des intérêts individuels de chacun ne débouche pas toujours sur la réussite de l’intérêt pour tous. Il faut donc réguler le marché. Et d’abord, s’en donner les moyens. Ce qui veut dire que l’emploi et le logement ne peuvent s’installer n’importe où, n’importe quand, n’importe comment. De nombreuses règles existent déjà, plan local d’urbanisme, permis de construire, expropriation, incitations fiscales, création de régies municipales, bien d’autres. Mais, ça ne suffit pas. Il faut aller plus loin.
Répondre à cette question, c’est aussi se dire qu’une ville doit se réconcilier avec ses habitants. Et que les niçoises et les niçois se doivent de vivre en confiance. D’abord, ne pas se sentir vulnérable, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Ensuite, avoir le sentiment du possible, celui qui te permet d’espérer en l’avenir. Ce qui veut dire qu’assurer la sécurité est une priorité pour notre ville, tout comme l’est sa saine situation financière, pour l’élaboration de ses projets.
Répondre à cette question passe donc par la nécessaire implication de la Collectivité Municipale. C’est à elle de remodeler le tissu urbain, économique et social, et donc d’assurer l’avenir de notre ville et de ses concitoyens.

Pour que la réponse soit « une ville de bonheur. »

L’économie locale est un secteur vital pour une ville.

Nous avons eu l’occasion de voir que notre ville bénéficie d’un potentiel économique intéressant, mais très largement insuffisant, et que sur une population active que l’on peut évaluer à 150 000 personnes, plus de 20 000 personnes sont sans emploi. Cette situation doit donc être une préoccupation majeure. Celle des niçois, bien entendu, mais aussi celle de nos édiles.

Car depuis le début de la crise, le chiffre d’affaires de nos entreprises n’a cessé de baisser et, par voie de conséquence, le chômage d’augmenter. Les secteurs ressources de notre économie sont en panne, parfois en chute libre, en particulier le BTP, et comme on sait que « quand le bâtiment va, tout va »…, mais aussi les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Bref, la situation de l’économie niçoise n’est pas bonne. Et cette baisse de l’activité touche également tout le département des Alpes-Maritimes, qui ne peut donc avoir aucun effet de levier positif en notre faveur.

A Nice, notre structure économique est composée de petites et moyennes entreprises, PME, voire de très petites entreprises, TPE. Et, bien entendu, de l’ensemble de nos commerçants et artisans.
Or, ce qui pourrait sembler être un handicap, la quasi-absence de grandes entreprises, est en fait une force. Car ce sont ces PME/TPE qui résistent le mieux à la pression concurrentielle et demeurent compétitives. Ce sont elles qui sont capables d’entraîner une dynamique économique sur notre territoire, et de jouer le rôle d’effet de levier. Pour peu, bien entendu, que le milieu local leur soit favorable. Que les conditions environnementales, réseaux et infrastructures de communication, relations avec les partenaires privés et publics, soient les plus favorables possibles.
Un véritable tissu de PME/TPE, spécifiques et intégrées, doit donc être mis en place, en synergie avec tous les acteurs de la cité. Et c’est là que la Collectivité Municipale doit intervenir. C’est elle qui doit être le pilote dans ce projet de développement local. Et changer sa pratique. Ne plus, comme traditionnellement, se contenter de financer d’importants aménagements ou de faciliter la venue de grosses entreprises. Certes, continuer à le faire, mais surtout favoriser l’implantation de ces PME/TPE.
Il ne peut y avoir d’autre choix pour Nice.
Alors… On s’interroge…
Pourquoi ne pas mettre en place cette politique locale de développement économique, pour Nice et les Niçois ? Une stratégie de création d’emplois, en privilégiant l’implantation d’un véritable tissu de PME – TPE ? Car ce sont elles qui sont le moins susceptibles de se délocaliser. Pourquoi ne pas mettre en place une segmentation socio-économique de notre Ville, quartier par quartier ? Et ne pas réfléchir la ville sans réfléchir les quartiers. Pourquoi ne pas organiser une nouvelle stratégie de la commande publique et des achats publics, qui favorisent justement ces PME/TPE? Ne pas repenser localement, pour chaque secteur, la pertinence de la réglementation et le contrôle d’application des arrêtés municipaux? Pourquoi ne pas assurer un véritable développement des services de proximité, avec une nouvelle gouvernance organisationnelle et la participation réelle des citoyens ?
Parce que pour cela, il faut une nouvelle manière de repenser l’action publique, à la fois en partant des besoins exprimés par la population et en définissant, avec l’ensemble des partenaires publics et privés, un projet global.
Penser global, agir local.
C’est à cette seule condition que Nice de demain sera une ville économiquement gagnante.

(à suivre)

Richard POGLIANO

Les commentaires sont fermés.