N I C E ( 16 )

 

                                NICE, DROIT D’INVENTAIRE (2)

[Ici, je veux simplement et rapidement exposer les grandes caractéristiques constituant la morphologie de Nice. C’est à dire souligner quelques maux qui posent problèmes et perdurent dans notre ville.]

En matière d’emploi et d’économie, nous l’avons vu, sur  une population active que l’on peut évaluer à 150 000 personnes, plus de 20 000 personnes sont sans emploi. Or c’est la préoccupation majeure des niçois. C’est dire que cela doit requérir toute notre attention.
Globalement, notre ville a été fort peu touchée par la révolution industrielle, et son économie dépend, essentiellement, du tourisme, du commerce et du bâtiment. C’est la raison pour laquelle le secteur tertiaire représente  87% du nombre total des emplois.

L’ouest de la ville est marqué par une activité économique relativement dynamique, du fait d’un grand nombre d’infrastructures, comme l’aéroport Nice Côte d’Azur, la zone d’activités de l’Arénas, celle de Nice La Plaine 1, le Marché d’Intérêt National, sans oublier le pôle commercial de Lingostière. Du fait, aussi, des facilités d’accessibilité routières et de stationnement. Pourtant dans ce secteur, le taux de chômage est supérieur à la moyenne communale.
D’autres secteurs offrent une réelle activité économique. C’est le cas de Saint Roch avec une forte concentration de la filière automobile ainsi que plusieurs grandes surfaces et le développement du pôle universitaire Saint-Jean d’Angely. C’est le cas aussi de l’Ariane, classée en Zone Franche en 1977,  avec une importante présence du secteur de la construction et une activité commerciale réelle.
Enfin, le centre ville, où l’on trouve une forte concentration des activités commerciales, notamment avec les grandes enseignes, et surtout 60% de la capacité hôtelière de Nice.
Pour le reste, notre ville présente de très fortes disparités. Des  activités réduites, le plus souvent à des commerces de proximité, comme sur Caucade, la Madeleine, Gambetta, Libération,  Pasteur, Bon Voyage, même si quelques pôles de grandes distribution y sont attractifs.
Certains secteurs qui ont connu des disparitions industrielles et commerciales, comme le Port, avec la Manufacture des Tabac et les activités maritimes. D’autres qui n’ont pratiquement aucune activité, comme l’Abadie et la Lauvette, ou les secteurs collinaires, essentiellement résidentiels, alors que les commerces se situent dans les parties sud.

Or, globalement, d’après une récente étude de l’institut CSA (2), 90% des citadins aiment vivre en ville, notamment grâce à la facilité d’accès aux commerces. Le commerce de proximité est, pour eux, l’élément clef du développement de leur ville. Ainsi qu’un élément fédérateur du lien social. Et pour deux consommateurs sur trois, les achats par internet sont complémentaires de ceux réalisés en magasin. Enfin, 48% des citadins se rendent dans les commerces de leur quartier par plaisir, et 42% par contrainte.
C’est dire si la notion de proximité est fortement liée aux commerces de quartier, dans les quartiers.

Que le lecteur se rassure. Je ne vais pas me livrer à un inventaire de toutes les composantes de notre ville. Ce serait long et fastidieux. Encore que riche d’enseignement.  Mais ce n’est pas mon objectif, pour l’heure. Je me contenterai de regarder, décrire rapidement, en allégeant et, le cas échant, poser les questions.
Le chapitre suivant, « Gros Plans », sera, lui, consacré à quelques problématiques, notamment  la sécurité et les finances,  qui me paraissent essentielles pour Nice et que je me fais un devoir d’aborder, plus fortement que d’autres. Parce que plus structurantes, ou dé-structurantes, devrais-je dire, que d’autres.

 

Le point noir de Nice, c’est la circulation. Sur tout le territoire de la ville, d’où qu’on vienne, où qu’on aille. C’est le sort de toutes les grandes villes ? A voir…

Partout, les mêmes difficultés. Malgré une nette amélioration depuis la venue du tramway. Bon Voyage et Pasteur, avec un trafic de plus de 45 000 véhicules par jour sur la pénétrante et d’énormes difficultés sur le carrefour qui mène aux échangeurs autoroutiers (30 000 véhicules/jour), ainsi que sur la route de Turin (20 000 véhicules/jour). ). Les arrivées et départs du Port, avec des voiries  très largement sous-dimensionnées. Les nœuds gordiens que sont nos carrefours urbains, tout particulièrement Magnan, la place du commandant Gérôme.
Une forte circulation à l’ouest, qu’il convient de mieux fluidifier, même si beaucoup a déjà été fait, notamment dans la régulation, avec le nouveau Pont sur le Var. Sans parler du  secteur collinaire, où l’organisation du réseau est totalement à réétudier, tant du point de vue des voies que des dessertes, insuffisantes et irrégulières. Ni du centre ville fort bien desservi par le tramway et les bus, mais où les problèmes de circulation restent très lourds.
Et partout les mêmes nuisances, stationnement anarchique, vitesse excessive sur les grands axes, nuisances sonores. Et puis, voies en mauvais état, insécurité routière, manque de stationnements et, sur les collines, de cheminements piétonniers.
Quand on sait que notre trafic routier augmente de 5% chaque année, notre réseau risque d’être totalement saturé d’ici peu.

(à suivre)

Richard POGLIANO

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