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NICE, UNE VILLE DE VILLAGES (4)

Au Nord… Cimiez, Rimiez, Gairaut, Saint Maurice, Le Ray, Saint Sylvestre, Mantega, Libération, Le Piol, Saint Philippe, Saint Pierre de Féric, Saint Pancrace, Pessicart. Constitué de plusieurs collines, le Nord de Nice est très fortement contrasté, avec une importante population de plus de 110 000 habitants sur 1 800 hectares.

Cimiez, Cemenelum, « Civitas Cemenelensium », une vraie ville, la ville nouvelle créée par les romains, en 14 av. J-C, autour des arènes. Cimiez, colline la plus proche du centre-ville, quartier des palaces reconvertis en appartements de standing, baignant dans une histoire tissée de dorures éclatantes, comme l’une de ses perles majestueuses qu’est le Régina. Un village, non, une ville dans la ville.
La colline de Rimiez, comme… ailleurs, hors de la ville, et presque du temps. C’est encore un peu la campagne, même si elle s’efface, de plus en plus, devant l’inexorable percée immobilière. Village d’eau, avec les usines de la Compagnie Générale des Eaux, village de recueillement, avec le monastère des Clarisses, et de soin, avec la très moderne clinique Saint Georges. Village de fête aussi, quand on dansait à la Gaité, devenue Nallino, lorsqu’un des fils du fabricant de pianos épousa la fille Carles. Avec la colline de Gairaut, c’est tout un habitat résidentiel qui s’est installé et bénéficie d’un patrimoine historique et architectural des plus riches.

Quartiers bourgeois et populaire à la fois, Malausséna et Borriglione constituent l’axe central qui relie le centre au nord de la ville. De facture récente, du début du XXème siècle.
Comme en témoigne la Gare du Sud, transférée près de l’école Thérèse Roméo, et son Train des Pignes qui traverse Nice, tantôt « métro aérien », tantôt « sous colline ».
Avec les familles qui, de père en fils, ont marqué ces lieux, les Menardo, restaurateur dont on savoure encore les raviolis et les tripes, les Verola, et leurs caves de vin, les Pastor, écailleurs, les Lions, maîtres-tailleurs. Et rue Michel-Ange, les éditions Gilletta, sauvées par Gilbert Grisoni, qui nous restitua l’inestimable patrimoine photographique constitué par Jean Giletta.
Et puis au centre de tout, le marché, une véritable agora, qui est l’âme de ce village de la Libération.
Comme en témoigne l’église Jeanne d’Arc, inaugurée en 1933, dont la blancheur s’élance vers le ciel, à une encablure de l’Université sise dans le magnifique château de Valrose et ses dépendances.
Ici aussi, un authentique village, qui s’est réduit comme peau de chagrin, mais qui résiste, et qui prouve qu’il existe, encore.
Un peu plus haut, Saint Maurice et Le Ray, son Parc Chambrun et son stade de football. Saint Maurice, c’était « au nord, après Nice », au début du XX° siècle. Là était le village et la campagne. Tous les quartiers de Nice y montaient, à pied, casse-croûte en poche, lorsque les dieux du stade jouaient, à quinze heures, le dimanche après-midi. Aujourd’hui, soixante ans après, le quartier vit toujours ses traditions, mais tout a changé, comme les horaires des rencontres et le magnifique tramway qui nous y conduit. Et qui va jusqu’à Las Planas, autre rempart collinaire du nord de la ville,
En redescendant par Saint Sylvestre, haut lieu des baletti d’antan, on se souvient de Jean Behra, notre champion automobile, des Deperaz, tapissiers-décorateurs sur Cessole, d’autres, en arrivant à Saint Barthélémy, authentique village, avec son église, son couvent et son cimetière. Tous ces quartiers furent longtemps agricoles avant de connaître un exponentiel développement démographique, et donc une très forte urbanisation.

Restent les quartiers du secteur collinaire de Pessicart, Saint Pierre de Féric et Saint Pancrace, dont l’habitat très dispersé est constitué d’une population plus jeune, subissant, là aussi, l’inexorable pression du développement immobilier. Mais, qui gardent la trace de ce village San Peire, où des familles d’horticulteurs se sont succédées, les Virello, Canapario, Lazzari et Lestable. Les Laugier aussi, qui ont tout cultivé, des violettes et des œillets, des citronniers et des orangers, dont ils distillaient les fleurs, et même produit du vin ! Où, comme à Pessicart, sur l’ancienne place qui accueillait la fête patronale, Antoine Romeo a créé le clos de boules qui porte son nom, hommage rendu par son digne successeur, Bruno Niccolaï.
(à suivre)

Richard POGLIANO

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