N I C E ( 12 )

 NICE, UNE VILLE DE VILLAGES (2)

           A l’Est… le Port, Riquier, Mont Boron, Saint Roch, Pasteur, Roquebillière, Vinaigrier, L’Ariane.

Ces quartiers de l’est de la ville sont faits de contrastes, aussi bien en termes géographiques qu’en termes  d’habitants.

Avec au sud, le Port de Nice entouré des quartiers populaires de Riquier, ses places du Pin, Arson, Normandie Niemen,  ses rues Cassini, Bonaparte, Barla, bien d’autres,  qui sentent bon notre histoire,  et des collines résidentielles du Mont Boron, surmontées du Fort du Mont Alban, qui plongent dans la mer. Avec sur son flanc droit le Château, jadis véritable citadelle, aujourd’hui lieu de promenade privilégié des touristes, comme des niçois. Et sur son flanc gauche, Terra Amata, probablement la première communauté niçoise, il y a 400 000 ans.
Autant de quartiers, autant d’identités différentes, autant de lieux de vies. Les uns que l’on traversait en venant de Villefranche pour se rendre à la place du Pin, le Chemin de Villefranche, l’actuelle rue Bonaparte, où vécut Napoléon 1er. Les autres, entre les rues Barla et Cassini, où l’on travaillait à la Manufacture des Tabacs ou Chez Nallino, à la fabrique de pianos. D’autres, autour du bassin Lympia, vivent près de la mer et du Club Nautique de Nice, qui fêtera cette année ses 130 ans d’existence. D’autres enfin, dans les hauts lieux de l’art baroque, place Garibaldi, avec la Societas Sanctissime Sepulcre et l’église Saint Martin. Sans oublier, légèrement décentrées, la place Risso et celle du XV°Corps, Ange et Bellone, châtaignes et grata kèka pour l’un, boules et vélo pour l’autre.

Au centre, surplombés par le Vinaigrier, les quartiers de Roquebillière et Saint Roch, véritable chœur, lieu de communion de la culture niçoise. Autour de son marché, fait et refait, et Chez Thérèse, je veux dire à La Machine. Avec les incontournables de la petite reine. Les champions, qui gagnent les courses, de Alvaro Giorgetti à Patrick Plent. Et ceux qui vendent et réparent, Ange Séverino et, comme tout change, du vélo à la moto, son successeur Gérard Parodi.
Et sur la rive droite du Paillon, celui de Pasteur, collé à son hôpital, avec Saint Pons, la plus ancienne des abbayes de la ville, au pied des collines de Cimiez. Et même si Pasteur n’est plus ce qu’il était, ce village où les industries avaient remplacé les oliviers, et les chevaux, on est ici « de Pasteur », et pas d’ailleurs.

Enfin au nord, les collines de la Lauvette,  l’Abadie et l’Ariane, l’un des plus anciens et des plus beaux  quartiers de Nice, qui lui aussi est passé brutalement de l’agriculture à l’industrie, en particulier depuis l’endiguement du Paillon en 1864. Et que l’on qualifie aujourd’hui de quartier difficile, devenu zone franche. Mais dont les arianencs sont toujours aussi fiers, jaloux de leur appartenance. Qu’ils continuent à revendiquer leur village. Qu’ils y ont fortement laissé leurs empreintes. Peut-être parce que l’histoire récente leur a échappé. Peut-être parce qu’ils ne s’y retrouvent plus tout à fait. Les Borghese, Baldi, Stefanini, Trova, Mars et consorts.

Si ce secteur de l’est de Nice dispose d’une importante réserve naturelle due à ses collines, l’urbanisation a connu un très fort développement, avec notamment une forte densité de logements sociaux, répartis sur le centre, centre-nord. C’est aujourd’hui près de 90 000 habitants qui vivent sur plus de 1 200 hectares.   

(à suivre)

Richard POGLIANO

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