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NICE, UNE VILLE DE VILLAGES (1)

Les définitions des villes sont nombreuses, tant le phénomène d’urbanisation est fort, ville à la campagne sous-équipée, ville moyenne au cœur du développement régional ou grande ville en voie de métropolisation. Et le processus d’extension obéit au phénomène de la tâche d’huile, centre, banlieue, agglomération, métropole, mégapole et même mégalopole.

Mais quelque soit son évolution, l’évaluation de sa densité ne peut se faire par sa seule population. Nice est une ville dense au regard de ses origines, de ses activités et de ses attractivités.
Il ne faut donc pas oublier que toute approche analytique doit prendre en compte la totalité des vecteurs de développement, qu’ils soient historiques, économiques, sociologiques. D’autant qu’également, cette approche ne peut se comprendre hors la prise en compte des transformations de la société dans sa globalité.
Nous savons qu’un même habitant peut se déplacer dans différents espaces, celui de son domicile, de son travail, de ses activités sociales et de loisirs, de ses relations familiales et amicales. Et donc appartenir à différents territoires. Etre fragmenté, en quelque sorte.
De plus, l’évolution de la notion du temps bouleverse la donne dans nos quartiers, et de manière générale dans toutes les villes.
Hier, les courtes distances prenaient moins de temps que les longues. Aujourd’hui, par le développement des différents modes de transport, les trajets d’un lieu très éloigné à un autre sont de plus en plus rapides, alors que les déplacements urbains se font de plus en plus lentement. Nul n’échappe à ce mouvement, sans compter la prise de pouvoir d’internet.

Mais, il en est un, et nous l’avons précédemment expliqué, qui est déterminant pour Nice, c’est le vecteur géographique et temporel.
Qui fait de Nice un lieu de proximité par excellence.
Et si la ville est un lieu de rencontre, de rapprochement des individus, des quartiers, il ne faut pas, pour autant, oublier l’un des besoins fondamentaux du citoyen, celui que consciemment ou inconsciemment nous recherchons tous, l’enracinement.
Or Nice permet cet enracinement. Mieux, elle l’exalte, encore. Dans chaque quartier. Ce qui peut apparaître comme une difficulté géographique, devient une chance sociologique.
C’est ainsi que nos quartiers aspirent à renaître. C’est ainsi que se recréent des villages dans la ville.
Et comme je l’indiquais, l’espace urbain niçois s’est constitué autour de différents pôles géographiques et communautaires, marqués par l’histoire, comme autant de lieux d’attraction. Comme autant de lieu d’enracinement.
C’est maintenant par ces pôles que la ville revit, qu’elle assure son développement. Encore faut-il revitaliser, restructurer chacun de ces pôles, comme autant de villages. Se tromper dans l’analyse de notre ville, ce serait condamner la ville. S’arc-bouter sur une mégapole, pire une mégalopole, là où la simple métropole est déjà rejetée, ce serait désespérer les niçois.
Il nous faut donc étudier chacun de nos villages, chacun de nos quartiers, pôle par pôle.

L’objet du présent essai n’est pas de faire une analyse détaillée de ces quartiers et des attentes de leur population. C’est une étude qui est de la responsabilité des édiles concernés, et en tout premier lieu, la Collectivité Municipale.
Mais il est important de les identifier, de les resituer, même rapidement, secteur par secteur, pour en dégager l’évolution et, si besoin, les spécificités les plus fortes.
Jetons donc un rapide regard sur nos villages…
(à suivre)

Richard POGLIANO

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