N I C E ( 10 )

NICE EN QUELQUES CHIFFRES (3)

Si depuis 2007, la ville est sillonnée par les 8,5 kilomètres de la première ligne de tramway, de Las Planas à Bon Voyage, avec ses 21 stations et ses 80 000 passagers par jour, si notre réseau de transports en commun est fort de 25 kilomètres de couloirs bus, dont 60% en site propre, Nice est engorgée, asphyxiée par sa circulation. Avec plus 300 000 personnes qui entrent et sortent chaque jour de la ville, plus de 100 000 véhicules jour sur la promenade des Anglais, le réseau routier niçois actuel est totalement saturé.
Bien sûr, les contraintes géographiques n’ont pas facilité l’organisation des 800 kilomètres de voirie qui quadrillent la ville, ni celle des différents types de déplacements, pendulaires ou non, ni celle des flux collinaires et littoraux.
Plus que jamais, l’analyse prospective impose une forte réflexion, y compris dans la requalification des principaux axes, ceux qui supportent un trafic dont la densité est sans cesse croissante.
Cela nécessite de s’ouvrir à tous les choix, y compris celui d’enterrer les voitures et de chercher à en limiter l’usage. Et nos 25 000 places de parking public-privé, auxquelles viennent s’ajouter quelques 10 000 places payantes sur voirie de surface et trois parkings relais du tramway, ne nous permettent pas de répondre aux besoins en stationnement. Notre déficit de stationnement est de plus de 18 000 places !


En matière économique, le secteur des services représente plus de 80% des emplois de la cité. Bien entendu, le tourisme, même s’il n’est pas le principal employeur de la commune, est l’activité majeure de notre ville, avec le troisième aéroport de France, après ceux de Paris, qui accueille plus de 10 millions de passagers chaque année. Avec un parc hôtelier parmi les plus importants de France, avec plusieurs centaines de restaurants et autres centre de loisirs, ce sont plus de 2 milliards d’euros de retombées par an pour notre ville. Sans compter le tourisme d’affaires qui engrange deux à trois fois plus de retombées que le tourisme de loisirs.
Le secteur commercial, malgré une légère stagnation ces dernières années, reste toujours très attractif et demeure, derrière celui des services, le principal pourvoyeur d’emplois de notre ville. Il n’en va pas de même, malheureusement, des autres secteurs de notre économie. Sans parler de l’agriculture qui disparaît, l’industrie et le bâtiment sont en très forte chute. Les quartiers de l’Ariane et de Saint Augustin, la plaine du Var, dans lesquels sont essentiellement concentrées ces activités, en subissent directement les graves conséquences que l’on imagine.
Ainsi, notre ville bénéficie d’un potentiel économique intéressant, mais très largement insuffisant.
Sur une population active que l’on peut évaluer à 150 000 personnes, plus de 20 000 personnes sont sans emploi.

C’est dire si le tissu économique de notre cité doit être repensé.
C’est dire si l’intervention publique est plus que nécessaire. Comme est nécessaire la mise en synergie des différents acteurs à la réflexion que la gravité de la situation impose.
Doit-on perdurer une stratégie décentralisée qui laisse aux seuls acteurs privés locaux la maîtrise d’ouvrage de notre développement économique ? Ou bien doit-on mettre en place une nouvelle gouvernance et élaborer des outils qui nous permettent de remodeler notre territoire dans toutes ses composantes socio-économiques ?
Nécessité ne fait-elle pas loi ?


Ces questions doivent interpeller nos responsables politiques. C’est d’eux dont dépendent les affaires de la commune.
De tradition modérée, notre ville a eu sept maires, depuis 1945. Jacques Cotta (1945-1947), Jean Médecin (1947-1965), Jacques Médecin (1965-1990), Honoré Bailet (1990-1993), Jacques Peyrat (1995-2008) et Christian Estrosi, depuis 2008.
Comme toute commune de plus de 300 000 habitants, hors Paris, Lyon et Marseille, Nice est dirigée par 69 Conseillers Municipaux, dont le Maire et ses Adjoints, élus pour une durée de 6 ans. Ils constituent le Conseil Municipal qui est l’autorité délibérante : budget, taux des impôts locaux, urbanisme, construction, affaires scolaires, sociales, culturelles, sportives, etc. Le Maire en est l’exécutif. Avec un budget de près de 700 millions d’euros, la mairie comprend plus de 7 000 agents territoriaux, dans différentes filières, administration, animation, culture, médico-social, police municipale, sportive et technique.

C’est à ces responsables politiques, à ces cadres territoriaux, de définir les politiques les mieux adaptées pour répondre à ces problématiques. Pour répondre aux attentes de notre population niçoise. Et devenir, enfin, les acteurs clés du développement maîtrisé de notre ville, dans une démarche renouvelée.
(à suivre)

Richard POGLIANO

Les commentaires sont fermés.