MISTRAL GAGNANT ?

Le sommet du G20 ce samedi 15 novembre voit Poutine repartir avant tous les autres chefs d’Etat… sans ses ʺMistralʺ.
La France refuse de livrer le premier ʺMistralʺ, commandé par la Russie en 2011. Cette livraison a été bloquée au moment de la crise ukrainienne, dans laquelle Moscou est accusé de soutenir les séparatistes, alors qu’elle aurait du intervenir le vendredi 14 novembre. La Russie laisse deux semaines à la France pour faire face à ses engagements, sous peine de subir d’importantes compensations financières…

Au terme d’un contrat signé sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France doit livrer à la Russie deux porte-hélicoptères Mistral, pour environ 1,2 milliard d’euros, le Vladivostok – nom du premier navire actuellement prêt à prendre la mer – et le Sébastopol.
Il s’agit de deux porte-hélicoptères amphibie d’assaut Mistral de 199 m de longueur et de 32 m de largeur. Avec une capacité d’accueil de 400 à 700 combattants, le Mistral peut stocker 16 hélicoptères dans un hangar de 1 800 m2 et un pont d’envol de 6 400 m2, ainsi que 50 blindés, dont 13 chars Leclerc dans un hangar de 2 650 m2. A cela s’ajoute un hôpital de 750 m2 et ses 69 lits.

Aurions-nous du vendre ces bateaux ? La question peut-être posée…
Mais aujourd’hui, ils ont été vendus. La France a signé un contrat, la France a pris des engagements. Or, il n’y a pas d’embargo pris par la communauté internationale sur les armes à destination de la Russie. Par voie de conséquence, la France doit respecter les termes contractuels et livrer les Mistral à la Russie.
Si nous ne le faisions pas, la France se discréditerait sur la scène internationale. Non seulement sa parole serait décrédibilisée, mais il ne faut pas oublier que 40 000 personnes, soit le quart des 160 000 employés de l’industrie de défense française, travaillent pour des clients étrangers. Et que sept bassins d’emploi sont concernés : Ile-de-France, Paca, Bretagne, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Centre et Rhône-Alpes.


Alors, où va-t-on ?
Allons-nous relancer la guerre froide avec la Russie ?
Ne vaudrait-il pas mieux que le continent européen travaille avec la Russie ?
Et même sans être un admirateur de Poutine, comme de beaucoup d’autres dirigeants avec qui la France travaille, ne vaut-il pas mieux discuter avec la Russie ?
La voix éclairée de la France ne devrait-elle pas être entendue de l’Atlantique à l’Oural ?

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

 

 

 

 

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