MIGRATION, LA VERITE (*)

Depuis le mois de janvier 2015, 500 000 réfugiés sont arrivés en Europe, et selon l’agence FRONTEX, ils seront plus d’un million à la fin de cette année. Bien plus que l’an dernier, où l’Europe n’en avait accueilli que 600 000. Et le nombre de migrants en attente aux frontières a lui plus que triplé.

La première voie de migration passe par la Méditerranée.
Orientale, quand elle vient de la Turquie, puis la Grèce et les Balkans, pour rejoindre le nord de l’Europe, Allemagne, Royaume-Uni, Pays Scandinaves, route empruntée par les Afghans, Irakiens, Syriens et autres, avec un nombre de 4 à 5 millions de migrants en attente.
Centrale, qui va de la Lybie à l’Italie, avec des Libyens bien sûr, mais aussi des Erythréens, Nigérians, Somaliens et Soudanais, avec 2 à 3 millions de migrants, toujours en attente.
Occidentale enfin, du Maroc à l’Espagne pour le Maghreb et l’Afrique Noire, Camerounais, Ivoiriens, Guinéens…, pour là aussi 2 à 3 millions de migrants en attente.
A cela s’ajoutent d’autres voies par les frontières extrême-orientales de l’Europe, mais de moindre importance.
Au total, c’est plus d’une dizaine de millions de migrants qui aujourd’hui sont susceptibles de vouloir rejoindre l’Europe dans les mois à venir.

Certes, on peut considérer que ces chiffres de migration sont supportables pour un continent européen de 500 millions d’habitants.
Encore faudrait-il s’entendre sur ce que l’on veut, et d’abord sur les objectifs que l’Europe décide de poursuivre.
S’agit-il d’accueillir de simples réfugiés, politiques ou pas, comme le prétend François Hollande ?
Ou bien, s’agit-il de mettre en place une future régularisation légale de flux migratoire jusque là clandestin ?

Le 9 septembre, à Strasbourg, Jean-Claude Juncker déclarait : «  N’oublions pas que nous sommes un continent vieillissant qui connaît un déclin démographique. Nous allons avoir besoin de talents. La migration doit peu à peu cesser d’être un problème à résoudre pour devenir une opportunité bien gérée. »
Cette déclaration du président de la Commission Européenne fait suite à un document diffusé par ladite commission le 13 mai, dans lequel on peut lire : « En l’absence de migration, le nombre de personnes en âge de travailler diminuera de 17,5 millions dans l’Union au cours de la prochaine décennie. La migration constituera donc un facteur de plus en plus important pour assurer la pérennité de notre régime d’allocations sociales et pour garantir la durabilité de la croissance de notre économie. »

Chacun jugera à l’aune de ses engagements politiques et philosophiques.
Mais il faut dire la vérité.

Dire que l’Europe, dont la croissance est déjà faible, a décidé de financer l’immigration étrangère plutôt que de favoriser la natalité européenne. Et donc que le choix de la Commission Européenne, soutenue et/ou dirigée par l’Allemagne, n’est donc pas de régulariser une ʺ immigration de réfugiés ʺ, à répartir entre les Etats de l’Union, mais de mettre en place une ʺ immigration de peuplement ʺ dans tous les Etats Européens.

Dire que l’Europe tourne le dos aux objectifs d’aide au développement des pays en voie de développement d’où est issue cette immigration étrangère. Aux objectifs de paix, aussi. Et que ce faisant, l’Europe ne répond pas aux grands défis de notre temps, le défi alimentaire, le gap industriel et technologique, la transition écologique et énergétique. Ces défis qui sont, ni plus ni moins, ceux de notre histoire, de l’évolution de nos sociétés.

Richard POGLIANO

(*) Valeurs Actuelles – 4112-230915

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