MANUEL VALLS OU LE PARI DE PASCAL…

Le raz de marée historique qui a tsunamisé le socialisme municipal, a porté Manuel Valls à Matignon. Les choses vont-elles changer pour autant ? La croissance va-t-elle repartir à la hausse ? Le pouvoir d’achat des français va-t-il augmenter ? Le chômage va-t-il diminuer ? Et le déficit ? La dette ? Une nouvelle politique économique pour la France se dessine-t-elle ? Que voyons-nous venir ? Rien, rien de nouveau.

Si ce n’est que le nouveau Premier Ministre, face à une majorité socialiste qui tire à hue et à dia, mais totalement larvée, des partenaires écologiques qui n’en veulent plus, sans renoncer à rien, s’emploie à concilier ces inconciliables. D’abord avec son gouvernement : à deux exceptions près, Royal et Rebsamen, on prend les mêmes, pas tous mais certains, et on recommence. Ensuite on privilégie la forme sur le fond, y compris dans le choc des pactes, pacte de responsabilité, pacte de solidarité, pacte de ceci, pacte de cela.

En réalité, le Premier Ministre propose aujourd’hui pour la réussite de sa politique le même pari que Pascal proposait au XVIIème siècle pour l’existence de Dieu. Dans ses Pensées (1670), Pascal écrivait : « Pesons le gain et la perte, en prenant le choix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter ». Aujourd’hui Manuel Valls nous dit de faire le choix de la réussite de son gouvernement comme on le ferait pour une croyance.

Sauf que la foi relève du spirituel, la politique, qui plus est l’économie, du matériel. Mais que dans tous les cas, on ne peut ni se contenter d’un choix de joueur, la situation de notre pays est trop grave, ni d’une simple question de probabilité, les difficultés des français trop importantes.

Alors, comme je l’ai souvent écrit ici, il n’est plus temps ni d’attendre ni de promettre. L’Etat français est en situation de faillite. Et si la France emprunte toujours à des taux très bas, le malade continue de vivre… sous perfusion !

Convaincu de la nécessité d’un retour rapide à l’équilibre budgétaire, et donc de la nécessité de diminuer nos déficits, je soutiens que la réduction de dépenses publiques et sociales ne peut pas se faire n’importe comment. Que toute diminution de déficit d’un secteur s’accompagne nécessairement d’une stratégie de conquête d’un autre secteur. Que le choix de société que nous voulons doit être clairement indiqué, comme la place de l’Etat et le rôle plus ou moins grand que l’on souhaite lui donner. Et nous sommes attachés aux quatre grandes fonctions de l’Etat : un Etat régalien (police, armée, justice), unificateur (laïcité, éducation), redistributif (sécurité sociale, solidarité) et stratège (soutien de l’économie). Ce n’est qu’après avoir tranché ce débat que l’on pourra réellement choisir la bonne méthode pour revenir à l’équilibre budgétaire. En organisant, par exemple, un grenelle de la fiscalité, comme j’ai déjà eu l’occasion d’en parler ici.

Il est donc urgent d’agir, sans travestir la vérité. Et surtout, sans faire de pari, celui de Pascal ou tout autre.


Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

 

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