M. LE PRESIDENT, A MI-MANDAT… RIEN NE VA !

M. le Président, vous avez été élu pour cinq ans sur un programme de mesures qui devaient relancer la croissance et réduire le chômage, ʺ60 engagementsʺ qui devaient changer la France. C’était il y a deux ans et demi… Aujourd’hui…

A aucun moment depuis 2012 la courbe du chômage ne s’est inversée, contrairement aux prédictions maintes fois répétées. Plus de 6 millions de français sont aujourd’hui au chômage. Et même avec 150 000 emplois d’avenir pour les jeunes et 33 000 contrats de génération pour les séniors, le chômage frappe ces deux populations plus que tout autre.

La croissance n’est jamais arrivée. Le gouvernement a toujours revu ses prévisions à la baisse, loin des prévisions de campagne qui étaient de 2% pour 2014. Aujourd’hui, même si les choix budgétaires sont basés sur une hypothèse de croissance à 1%, elle est de 0%. Avec une situation qui ne s’améliorera pas en 2015, car les entreprises françaises sont, par rapport à leurs carnets de commandes, en sureffectif d’au moins 250 000 emplois.

En ce qui concerne le déficit, le programme du candidat prévoyait 2,8% du PIB pour 2013. Fin 2013, nous étions à un déficit public de 4,3% qui, au mieux, sera de 4% fin 2014. Et l’Etat s’endette toujours plus depuis 2012. Donc la dette augmente de plus en plus. Au rythme actuel (+ 45,5 milliards d’euros d’un trimestre sur l’autre), nous avons rapidement atteint les 2 000 milliards. En moins d’un an, la dette est déjà passée de 90,5% du PIB à 93,6%, probablement 95% à la fin de cette année.

Le montant maximal des prélèvements obligatoires prévu en 2012 était de 47%. Ils sont en réalité de 57%, pour une moyenne européenne de 45%. Et sans aucun lien avec une augmentation de la qualité des services publics. Pendant la campagne de 2012, le candidat promettait « un big band fiscal, la mère des réformes ». Au lieu de cela, même si la tranche basse de l’impôt sur le revenu a été supprimée, 30 milliards d’euros d’augmentation d’impôts.

Quand aux investissements, dès 2013, ils étaient en recul de 5%. Aujourd’hui, la détérioration de la confiance s’accentue et se généralise à l’ensemble des secteurs de notre économie, sans aucune perspective de reprise. Sans compter que, de mois en mois, nos exportations reculent et le déficit du commerce extérieur se creuse à plus de 30 milliards d’euros cet été. Même si l’aéronautique et l’automobile permettent de limiter la casse.

Quand aux grandes réformes du gouvernement Valls 2…
Le pacte de responsabilité ne traite aucunement des problèmes de compétitivité ni de relance de l’économie. Ni de manière précise avec des objectifs à réaliser, ni de manière globale avec une véritable vision à long terme. La réforme du marché du travail, ne va concerner que le travail dominical. Aucun projet de modernisation du marché du travail et aucune dérogation aux 35 heures. La remise en cause des professions réglementées n’est qu’un leurre et ne présente aucun intérêt économique immédiat. Que ce soit pour la seconde ou la troisième réforme, seule une vision de long terme, et donc une nouvelle gouvernance, serait à même de les faire aboutir. Ce qui est loin d’être avec le gouvernement actuel.

Quant à la politique du logement, si l’abandon programmé de la loi Alur est une bonne chose, rien n’est véritablement prévu en matière de régulation du foncier, ni pour favoriser le retour des investisseurs que la loi Duflot a fait fuir. Et la chute continue du marché de l’immobilier, donc du BTP, grossit chaque jour un peu plus le bataillon des chômeurs. Quant à la réforme territoriale, elle ne concernera que quelques 90 000 agents régionaux de France, qui sont des techniciens et qui subsisteront avec ou sans fusion. Donc pas, ou très peu, d’économie.

Au total, croissance zéro, chômage en hausse, déficits qui dérapent, défiance absolue… promesses non-tenues, erreurs d’aiguillage, incantations et leurres sont les caractéristiques de ce mi-mandat.

Et les réformes qui intéressent les français, et pour lesquelles ils sont favorables à plus de 70%, sont absentes, comme la maîtrise réelle de la dette, le déblocage de nouvelles filières, la remise en cause totale de la fiscalité, les chantiers de l’éducation, de la santé et du logement, de la transition énergétique et écologique, tout cela dans une vision de long terme, avec une implication de la nation. Avec aussi un projet européen qui crée les conditions de la croissance, et donc une Europe qui mette en place un vaste programme à la fois de mutualisation des dettes et de grands travaux. En menant, concomitamment, une politique de la demande et de l’offre.

Faute de quoi, l’économie française ne s’en sortira pas.
Et la France s’installera dans la récession.
M. le Président, à mi-mandat… rien ne va !

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

 

 

 

 

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