LOI MACRON, LA GRANDE ILLUSION…

Pour la première fois depuis plus de trente ans, les prix moyens – hors énergie et produits frais – ont reculé de 0,2 % sur les douze derniers mois, et les économistes les plus avertis pronostiquent une inflation négative pour les douze prochains mois, particulièrement en raison de la baisse du prix du baril de pétrole.

Dans une période de croissance nulle et de pouvoir d’achat stagnant, cela semble être une bonne nouvelle pour le consommateur, du moins à court terme.

Mais à moyen et long terme, si cette baisse des prix s’inscrit dans la durée, la demande économique risque d’en souffrir, avec des entreprises ayant des difficultés à faire face à la chute de leurs marges. Des entreprises qui risquent de baisser les salaires, voire de licencier. Donc un chômage qui augmente.
Sans compter les difficultés pour nos finances publiques dont les recettes iront en diminuant, alors que le ralentissement des dépenses ne se ferait sentir que beaucoup plus tardivement. Ne dit-on pas à Bercy « qu’une baisse de 1 point de l’inflation conduit à une hausse du ratio de déficit de 0,5 point du PIB ».

C’est dans ce contexte là qu’intervient la loi Macron qui est sensée relancer notre économie globale, résorber le chômage, diminuer nos déficits et, à terme, notre dette.

Seulement, là où Arnaud Montebourg promettait une « bataille de l’audace », Emmanuel Macron avance sur la pointe des pieds, avec quelques réformettes sans grand intérêt pour la croissance française. Là quelques dimanches travaillés en plus, ici des ouvertures de trajets pour les autocars, là encore une baisse des grilles tarifaires des professions judiciaires et médicales, ici encore l’ouverture des cabinets d’avocats aux capitaux extérieurs, là enfin des dérèglementations pour des professions jugées privilégiées, etc.

En se faisant l’apôtre de la concurrence, le ministre de l’Economie de François Hollande se berce d’illusion, sans prendre garde qu’il est des concurrences qui déstabilisent, plus qu’elle ne relance le marché, et qui souvent aboutissent à l’effet inverse, c’est-à-dire une augmentation du chômage.

La faute originelle de ce gouvernement est de plonger nos entreprises, et notre population, dans une incertitude absolue quant à l’avenir. De n’avoir aucune vision pour la France de demain.
La mesure d’un déficit ou d’une dette n’a jamais porté les espérances d’une croissance, en France comme en Europe.
Et même si les propositions du plan Juncker sont un début de solution, ce n’est pas 400 milliards d’euros qu’il faudrait injecter dans l’économie européenne, mais 2 000 milliards d’euros, comme le prônent les experts du Peterson Institute.
Et s’assurer que l’argent aille bien là où il faut pour financer l’investissement et la croissance.

A côté de ces défis à relever, la loi Macron n’est qu’une grande illusion !

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

Les commentaires sont fermés.