LES PREMIERS SERONT… TOUJOURS LES PREMIERS !

811 milliards de dollars sur le seul premier trimestre 2015 !
Le marché des fusions-acquisitions au niveau mondial est sur une dynamique jamais observée depuis 2007, juste avant la faillite de Lehman Brothers. Les entreprises retrouvent tout leur intérêt pour la croissance externe et ses prises de risque.

Cela augure de signes extrêmement encourageants pour l’ensemble de l’économie mondiale. Tous les secteurs sont touchés, ou presque. La santé avec UnitedHealth qui rachète Catamaran pour 13 milliards de dollars, Teva, qui rachète Auspex pour 3,2 milliards, et Horizon Pharma qui met la main sur Hyperion pour 1,1 milliard. Le secteur agro-alimentaire, avec la reprise de KraftFoods par le tandem Berkshire Hathaway-3G, pour enclencher une fusion géante avec les ketchups Heinz. Pour ne prendre que ces exemples.
Ces opérations sont dues à des conditions de financement idéales, avec des taux au plus bas grâce aux banques centrales du monde, avec des liquidités abondantes et bon marché, avec des entreprises qui ont fait le dos rond pendant plusieurs années après la crise, et qui désormais disposent de beaucoup de cash.

L’Amérique opère la moitié des fusions-acquisitions au niveau mondial. Une progression de 30% sur un an, due à l’effet dollar. L’Europe est un peu à la traîne avec 168 milliards de dollars, juste derrière l’Asie qui atteint les 194 milliards de dollars toujours au 1er trimestre 2015, une hausse spectaculaire de 63% sur un an.
Si les conditions de marché restent aussi avantageuses et que les besoins de grossir industriellement persistent, on s’achemine vers une année 2015 exceptionnelle, probablement aussi exceptionnelle que 2014 ou 2007, où les fusions-acquisitions avaient dépassé les 3 500 milliards de dollars au niveau mondial.
A noter que l’année 2013 avait marqué le retour des acquéreurs étrangers sur des cibles françaises, avec plus d’une vingtaine d’opérations dépassant les 700 millions d’euros.
2015 est l’année des opérations franco-françaises, notamment avec le mariage de l’enseigne culturelle Fnac avec le distributeur d’électroménager Darty.
Le regroupement de la Fnac et de Darty, tout en assurant le maintien des deux réseaux séparés, aboutira à un nouveau géant français de l’électroménager et de l’électronique, avec un chiffre d’affaires de 7,5 milliards d’euros, plus de 25 000 salariés et 584 magasins dans le monde, dont 333 en France.
Probablement les autorités de la concurrence française et belge donneront leur accord, moyennant quelques cessions de magasins. Alors que les magasins parisiens de Darty sont tous profitables, la FNAC devrait en profiter pour fermer ses magasins non rentables, comme celui des Ternes, de Bercy ou de la rue de Rennes.
Si l’impact sur l’emploi semble « très limité », aux dires des responsables, les synergies seraient profitables pour concurrencer les pure-players de l’e-commerce comme Amazon ou CDiscount, notamment pour tirer les meilleurs tarifs auprès des géants de la high-tech comme Apple et Samsung.
D’ici la fin de l’année les nouveaux plans stratégiques de la Fnac et de Darty seront en place et, l’économie française espère que les 1ers seront … toujours les 1ers !

Richard POGLIANO

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