LES FINANCES DE LA VILLE DE NICE

La ville de Nice a un budget de près de 700 millions d’euros.

Voter le budget est l’acte essentiel de la vie locale d’une commune. C’est l’état de prévisions des recettes et des dépenses pour une année. Il s’organise autour de documents budgétaires, qui sont autant de phases dans son élaboration. Le budget primitif, qui est le prévisionnel pour l’année à venir, le compte administratif, qui présente l’exercice clos et le budget supplémentaire, qui réajuste et reporte.
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C’est donc l’acte majeur d’intervention sur la vie publique. D’autant qu’il peut s’analyser en fonction de la marge de manœuvre qu’il laisse. Et que depuis quelques années, les communes font face à des modifications dans leur approche gestionnaire.
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C’est ce qui fait de la Collectivité Municipale l’un des centres, et peut-être le premier, de décision de la vie collective de notre ville. Et qu’un budget n’est jamais neutre, car il traduit toutes une série de choix dans les différents domaines que nous avons, par ailleurs, abordés.
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Tout au plus, et très succinctement, il convient de porter notre attention sur l’endettement de la commune, et de sa métropole. Et se poser la question sur ce qu’il peut signifier, en terme économique et financier, pour notre devenir.

Tandis que l’Etat essaie par tous les moyens de réduire son train de vie, les collectivités locales continuent à s’endetter.
C’est le cas pour Nice, où la dette s’élève à 388 millions d’euros, chiffres réels 2011. Avec une annuité de la dette de 85 millions d’euros. A cela devra s’ajouter les résultats financiers provenant de la Métropole Nice-Côte d’Azur.

Pour boucler son budget 2012, la ville va devoir emprunter 62,45 millions d’euros. En outre elle doit encore rembourser 46,7 millions des emprunts en cours. Les Niçois s’inquiètent à juste raison en regardant les feuilles d’impôts. Et s’interrogent. Comment payer la dette sans augmenter les impôts ?

Notre pression fiscale, qui indique si la commune est plus ou moins fortement imposée, est supérieure de 24,39% à la moyenne de la strate.
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Les principales dépenses d’équipement sont la coulée verte (9,3 millions), le parc des expositions (3,5 millions), la gare du Sud (2,4 millions), l’école Nice Flore (1,5 millions), la cuisine centrale (1,0 million), le MAMAC (2,6 millions), le gymnase de l’Ariane (1,2 millions) et, bien sûr, le Nice stadium pour lequel notre collectivité va s’engager à hauteur de 28 ,5 millions d’euros. Et l’on ne parle pas, pour l’instant, de la ligne 2 du tramway.
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Ainsi, au budget primitif 2012, les dépenses globales, par secteur et en pourcentage, se répartissaient ainsi : pour les services généraux de l’administration communale 23%, pour la culture 16%, la vie scolaire 15%, le sport 11%,la sécurité et la salubrité publique 9%, l’aménagement urbain 7%, la petite enfance 6%, le social 5%, le logement 4%, les actions économiques 3% et la jeunesse 1%.
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La ville s’installe donc dans la dette.
D’autant qu’il conviendrait d’ajouter tout ou partie de la dette de la métropole Nice-Côte d’Azur qui s’élèverait à plus d’1 milliard d’euros, comme indiqué lors du conseil métropolitain du 4 février 2013, dans la délibération n°29.1 du débat d’orientation budgétaire pour l’exercice 2013. Là aussi, les finances publiques entrent dans une spirale, emprunt-remboursement-endettement, des plus inextricables.
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Bien entendu, face à toute situation d’endettement, des plans d’économie s’imposent. Et ils devront être d’autant plus conséquents que l’endettement sera important. C’est le cas de notre commune.
Mais ce n’est pas pour autant qu’il nous faut renoncer à tout investissement.
Parce que ce n’est pas seulement l’excès de dépenses qui entraîne la hausse de la dette publique. Cette dernière provient souvent de l’insuffisance de recettes. Encore ne faut-il pas rester sur une vision figée de la notion de recettes, et envisager d’en trouver sous de nouvelles formes.
Parce que ce n’est pas seulement la réduction des dépenses qui permet de réduire la dette publique. Outre le rôle du taux d’intérêt dans l’alourdissement de la dette, cette dernière peut s’accroître du fait que la réduction des dépenses publiques ralentit l’activité économique. Et donc que le retour sur investissement public ne vient pas l’alléger.

Est-ce à dire qu’il faille se satisfaire de tout endettement ?
Bien sûr que non. Pour une Collectivité Municipale, il n’y a jamais de bon endettement. Mais, il n’y a pas toujours de mauvaise dépense.

Là aussi, il faut se remettre en cause.
Ne plus raisonner en se disant que ce sont les crédits qui permettent les projets, mais qu’au contraire, ce sont les projets qui attirent les capitaux.

La vraie richesse, c’est l’imagination, la création.
En matière de finances publiques, aussi.

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 103 à 108)

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