LES DETRICOTEURS

Dans son éditorial de ʺMarianneʺ du 18 septembre 2015, Jacques Julliard écrit : « Les détricoteurs de l’école, déguisés en réformateurs, sont les pires ennemis de la nation ».


Et nous en revenons encore et toujours à ʺnotre bien-aiméeʺ ministre de l’Education Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, qui est passée maître dans l’art de mystifier notre population française, sagement à l’écoute et disciplinée en diable !

« Oui aux dictées quotidiennes à l’école ! », s’enthousiasme-t-elle dans ʺLe Mondeʺ du 19 septembre (*). Et la ministre préconise leur généralisation, insiste sur les vertus du calcul mental et souligne la nécessité d’une pratique assidue de la lecture.

A l’écouter, on la croirait convertie à l’effort, au bon sens que nous préconisons dans ces colonnes à longueur d’articles, bref, aux vertus qui faisaient l’école de Jules Ferry.
On l’applaudirait…

Mais force est de constater qu’en dehors du discours, il n’y a rien. Encore des paroles, encore des mensonges. On ne trouve nulle trace de la dictée quotidienne dans la nouvelle version des programmes présentée mi-septembre par le Conseil Supérieur des Programmes. Son président, Michel Lussault, qui insiste sur la « liberté pédagogique » des enseignants, n’y fait aucunement allusion…

Bref de grandes déclarations qui n’engagent que ceux qui les reçoivent…

Alors, comment la croire lorsqu’elle affirme que la réforme de l’évaluation des élèves n’a pas pour but la suppression de la notation sur 20 ?
Avec un nouveau système compliqué, totalement déconnecté de la réalité. Pourquoi faire simple, quand on peut faire… compliqué, pour mieux… mystifier !
Imaginez… A la rentrée 2016, les compétences des élèves seront évaluées sur une échelle de 1 à 4 à l’école primaire, de 1 à 5 au collège, qui s’ajouterait à la notation sur 20, sachant qu’il ne s’agit pas de noter les compétences « 
disciplinaires », mais « transversales » !

Pourtant, selon Paul Brighelli, auteur de ʺLiberté, Egalité, Laïcitéʺ (éditions Hugo Doc), « une note n’est qu’une indication, elle permet à l’enseignant d’aider l’élève à se corriger » (*).

Oui, Jacques Julliard a bien raison, « Les détricoteurs de l’école, déguisés en réformateurs, sont les pires ennemis de la nation ».

Richard POGLIANO

(*) Valeurs Actuelles – 37-240915

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