L’ENVIRONNEMENT… UNE QUESTION D’AVENIR! (*)

A la veille du grand débat du Cercle de Nice sur l’Environnement, je voudrais rappeler, et rappeler encore, l’importance de la mise en œuvre d’une véritable politique écologique.


Non pas en soumettant l’économie à une conception punitive de l’écologie, ni en rééduquant les français par une pression fiscale comportementale, encore moins en déformant la réalité pour la rendre conforme à une verte idéologie, dite vertueuse.

Non, tout simplement en disant qu’à Nice, en France, plus qu’ailleurs, notre environnement est exceptionnel, et doit le rester. Mais à Nice et en France, comme ailleurs, les difficultés économiques et sociales sont bien présentes.

Alors, s’il est un secteur qui peut nous permettre à la fois de régler nos difficultés tout en préservant notre environnement, il est urgent de franchir le pas, et faire le choix de la croissance verte. C’est-à-dire du développement durable.

Mettre en œuvre une politique de l’énergie au niveau national et local, et donc un plan de développement des activités compatibles avec le respect de l’environnement et de la sécurité des français, c’est favoriser la création d’emplois.

De l’emploi pour tous, à tous les niveaux de qualification et, pour l’essentiel, non délocalisable. Construire des maisons et des bâtiments qui produisent leur propre énergie, en électricité, chauffage et eau chaude. Et donc sont autonomes. Mieux, peuvent en fournir aux autres. C’est créer des emplois, d’installation et d’entretien, sur site, et qui n’iront pas ailleurs. Et c’est réduire, et sa facturation énergétique, et les émissions polluantes.

Si l’on adopte une attitude volontariste pour développer la filière qui va avec, aussi bien en amont qu’en aval, cette politique de développement durable visera l’exigence dans la qualité de la formation, et la création d’une nouvelle cohésion sociale. Par exemple, en fixant des priorités aux entreprises dans le recrutement de leurs employés, et la mixité des statuts.

 

Il en va de même pour ce qui concerne les déplacements et les modes de transports collectifs, comme le tramway. Et toutes les dernières innovations techniques et urbanistiques, en terme de construction et de rénovation des bâtiments, d’isolation, de recyclage, de dépollution. Dans les domaines des réseaux électriques intelligents, de l’efficacité énergétique, l’éolien, le solaire, l’énergie marine, la chimie verte, la biomasse et la géothermie.
Bref, chacun pourra vivre dans un environnement propre. C’est cela, le développement durable. C’est cela, l’enjeu. La bataille pour une croissance verte.


Certes, le développement durable à lui seul ne règlera pas le chômage. Mais il est une voie d’excellence. Et si ce n’est pas un miracle, c’est une nécessité. D’autant que c’est aussi notre indépendance énergétique qui se joue là.

Alors, comme en matière de stratégie économique, l’Etat et les collectivités territoriales doivent être pilotes et leurs interventions doivent amener tous les partenaires, publics et privés, à devenir acteurs de ce développement durable. Même si de nombreux freins existent, avec un Etat, dont la lisibilité en la matière est à géométrie variable. Avec une absence de réelle filière et une réglementation des plus complexes.

Il est alors important d’avoir des actions incitatives, pour encourager toutes les initiatives respectueuses de l’environnement, et privilégier l’action directe.
Et dans cette optique, il importe que l’Etat et les collectivités territoriales mettent en adéquation cette nouvelle politique durable avec tous les autres programmes d’urbanisation et projets de développement. Pour que cette stratégie devienne un véritable levier de développement national et local.

Et ce sont tous les ministères et leurs services qui doivent être impactés par une telle démarche. Parce qu’il s’agit, ni plus ni moins, de modifier tous nos modèles, de consommation, de production, d’organisation de la vie et de la pensée. Et ceux du fonctionnement des collectivités territoriales, qui doivent anticiper, pour déterminer les besoins, coordonner, pour réaliser des synergies, fédérer, pour générer des réseaux, et agir, pour inciter et piloter.


L’urgence est là. Et, il serait intéressant de pouvoir évaluer, mais cela est difficile en l’état actuel, le coût de l’absence de choix. C’est-à-dire, les dépenses qui seraient à réaliser pour réparer, demain, les conséquences d’une non-action, aujourd’hui.
Sûrement, un coût inacceptable.

La dégradation de notre situation économique, nationale et locale, est malheureusement inquiétante. La hausse des dépenses publiques, le maintien des déficits et la diminution des marges de manœuvres financières. Le déclin de l’activité économique et les pertes d’emploi. La lourdeur de la pression fiscale et l’accroissement des coûts pour nos concitoyens. L’incapacité à satisfaire attentes et besoins de notre population.
De simples accommodations ne suffiront pas à enrayer cette spirale infernale qui se dessine. Et notre pays risque de connaître des lendemains difficiles, avec leurs corollaires économiques et sociaux, environnementaux et comportementaux.

Il faut donc rompre.

C’est aux responsables politiques, et à tous les acteurs décideurs, de réinventer le nouveau paradigme français. Les nouvelles urbanités qui répondront à tous les enjeux humains et écologiques.
De la rénovation et du désenclavement des quartiers, à la déconstruction et la reconquête d’espaces structurants, en passant par une construction, en haute qualité environnementale, de l’habitat, ainsi que la réalisation d’éco-quartiers.
De la régénération de notre tissu économique, avec l’implantation de moyennes entreprises créatrices de nouveaux emplois, à l’organisation de nos acteurs locaux en réseaux globaux, nationaux et internationaux, en passant par une gouvernance renouvelée, dans la transparence et la concertation.

Construire des villes intelligentes, et mettre le citoyen au cœur de leurs développements. Parce que si le développement urbain est durable, il doit être, aussi, humain.


Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

(*) D’après « La 5ème rupture – Faire d’urgence le choix de la croissance verte et répondre aux enjeux humains et écologiques » in « A propos de Nice ».

Les commentaires sont fermés.