LE SIECLE DES LUMIERES (8)

LITTERATURE  ET  PENSEE  DU  XVIII°  SIECLE

Sous le signe des Lumières, une littérature à la valeur universelle indiscutable se développa en Europe. Dans bien des cas, les écrivains néoclassiques, exaltant l’équilibre et la mesure, finirent par anticiper le romantisme.

La littérature du XVIII° siècle se développa sous l’emprise des philosophes. L’esprit des Lumières incarné par les Encyclopédistes pénétra le domaine littéraire.
La France, en accord avec la domination culturelle qu’elle exerçait à l’époque, rayonna également sur la prose de ses penseurs les plus influents, en particulier Montesquieu, Diderot (La Religieuse, Le Neveu de Rameau, Jacques le Fataliste) et Voltaire (Œdipe, Zaïre, Candide et Zadig), qui se concentrèrent sur des sujets à portée sociale et philosophique.
Jean-Jacques Rousseau fut l’une des personnalités les plus célèbres dans le domaine de la linguistique française. Son roman Julie ou la Nouvelle Héloïse et son autobiographie Les Confessions sont des exemples indéniables de cette tendance, qui anticipe les valeurs du romantisme.

A cette époque, les écrivains comptèrent sur un public croissant et tolérant, ouvert à toutes les formes d’essai ou d’analyse.

Robinson Crusoé de Daniel Defoe (1660-1731) est une ode à la civilisation européenne. Seul et sans ressource, Robinson reconstruit un environnement rationnel. En même temps, il reproduit le schéma colonial dans sa relation avec l’indigène Vendredi.

Dans les Voyages de Gulliver, l’Irlandais Jonathan Swift (1667-1745) critiqua avec ironie et humour la vanité et l’hypocrisie des cours absolutistes, des hommes d’Etat et des parties politiques de son époque. Durant les six années que dura sa rédaction, il ajouta des réflexions licencieuses  sur la nature humaine.

Le philosophe David Hume (1711-1776), empiriste le plus radical, défendit une éthique du sentiment. Il prétexta que la morale ne pouvait avoir de fondement rationnel. Ce qui évalue la bonté ou la bassesse d’une action est, en dernier ressort, un sentiment interne que la nature a rendu universel.

Toutefois les auteurs allemands de la fin du siècle firent évoluer les deux pôles, celui de la passion et celui de la raison.
Johann Christoph Friedrich von Schiller (1759-1805) défendit la nécessité d’équilibrer la passion et les sentiments avec la réflexion et l’attitude critique. Dans ses tragédies (les Brigands, Don Carlos, Marie Stuart…), Schiller chercha à réaliser la synthèse du théâtre de Shakespeare et du classique.
Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) hésita entre le néoclassicisme et le romantisme naissant. Le héros de son roman les Souffrances du jeune Werther (1774) fut l’archétype romantique du XIX° siècle.

Plus que tout, Tristram Shandry, le roman de Laurence Stern est célèbre pour révéler les pensées et les sentiments de l’auteur. On le considère comme le précurseur du roman moderne et du monologue intérieur.

Richard POGLIANO

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