LE SIECLE DES LUMIERES (7)

ART ET MUSIQUE AU XVIII° SIECLE

Dans la première moitié du siècle se développa un art plaisant et raffiné : le rococo, remplacé plus tard par un néoclassicisme  plus rationnel. C’est également l’époque des grands compositeurs du classicisme musical.

La régence de Philippe d’Orléans, alors que Louis XV était encore mineur, donna son nom à un nouveau style qui prédomina en France au début du XVIII° siècle : le style Régence qui, en contraste avec les formes baroques surchargées, se caractérisait par l’élégance et la finesse.

Sous le règne de Louis XV, le style rococo s’imposa en France. Ce nom dérive du terme « rocaille ». La rocaille est une sorte d’ornementation qui, inspirée des grottes des jardins de la Renaissance, imite les éléments naturels comme les roses, les coquillages, etc. Son emblème est une coquille asymétrique et irrégulière. Une technique caractéristique de l’art rococo est la peinture au pastel, utilisant des couleurs exquises, dans des tons clairs, délicats et mats. La peinture rococo atteignit son apogée avec Antoine Watteau (1684-1721), François Boucher (1703-1770) et son disciple Jean Honoré Fragonard (1732-1806).

Au milieu du XVIII° siècle, la réaction contre le rococo s’orienta vers une revalorisation de l’art classique. A cette époque, ce néoclassicisme signifiait un retour aux valeurs de la raison, assimilée au logos grec. Pour la bourgeoisie, qui s’appropria le style néoclassique, ce fut une réaffirmation républicaine de la démocratie, dont les principes renvoyaient à l’Antiquité.

Ce nouveau classicisme est très fort dans la musique. En 1772, Jean-Philippe Rameau publia son « Traité de l’harmonie », dans lequel il situait « le fondement de toute musique » non seulement dans les ressources instrumentales et contrapuntiques (typiques du baroque) mais dans l’harmonie. Cette nouvelle sensibilité fut le socle du classicisme musical entre 1750 et 1820.

L’apogée du classicisme musical fut atteint par Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Ses 626 œuvres inventoriées (opéras et oratorios, symphonies, quartets, concerts pour instruments…) combinent les douces mélodies à l’italienne avec la forme et le contrepoint germanique, dans un style simple et équilibré, sans ignorer l’intensité émotionnelle.
Ludwig van Beethoven (1170-1827) se trouve, lui, à mi-chemin entre le classicisme et la sensibilité romantique. Pour lui, la composition ne fut pas tant la tâche d’unir les différents éléments musicaux que la désarticulation des thèmes en sous-unités qui expriment un tout. Ses neuf symphonies révolutionnèrent le genre, poussant même l’audace jusqu’à inclure la voix humaine dans la neuvième, la « chorale ». Il atteignit la célébrité alors qu’il devenait sourd à l’âge de 28 ans, ce qui l’isola de la société.

(à suivre)

 

Richard POGLIANO

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