LE SIECLE DES LUMIERES (5)

UNE  VISION  DU  MONDE (2)

Le mouvement intellectuel le plus significatif de l’esprit de l’époque apparut autour de l’Encyclopédie, élaborée sous la direction de l’ »écrivain Denis Diderot (1713-1784) et du physicien et mathématicien Jean le Rond d’Alembert (1717-1783).

Dans ses œuvres littéraires, notamment dans Jacques le Fataliste, Diderot développa une critique acerbe de la religion (en 1749, sa Lettre sur les aveugles lui valut quelques mois de prison pour athéisme), des conventions sociales et de la politique officielle. Diderot fut l’un des premiers intellectuels européens à condamner le colonialisme en tant que spoliation injustifiée.

D’Alembert écrivit le Discours préliminaire, dans lequel il anticipait l’esprit rationaliste et critique qui allait animer l’ensemble de l’œuvre. Au-delà de ses succès scientifiques, D’Alembert est considéré comme un précurseur du positivisme.

La méthode suivie pour élaborer l’Encyclopédie (*) fut la rédaction d’articles séparés, disposés par ordre alphabétique, avec les planches dans des volumes séparés. Les textes furent commandés aux meilleurs spécialistes de l’époque.
A la parution des deux premiers tomes, Louis XIV, en 1752, donna l’ordre de les détruire, mais il n’en fit rien et l’édition des tomes suivants continua sans problème jusqu’en 1759.
Les volumes déjà publiés et l’impression des suivants furent alors interdits. Le pape condamna également l’œuvre. Les derniers volumes furent édités après 1765.

Les grands philosophes européens contemporains, Kant, Wolff, Hume, etc., furent influencés par l’Encyclopédie et furent également les moteurs des idéaux des Lumières.

La philosophie politique de Kant se distingue en ce sens qu’elle défendait la constitution républicaine face au despotisme. Dans la Paix perpétuelle, Kant plaide pour la fin des guerres, qui ne respectent en rien le droit individuel à la vie.

Charles Louis de Secondat, baron de Montesquieu (1689-1755), publia l’Esprit des lois, en 1748. Dans cette œuvre, inspirée de la constitution anglaise, était posée la division de l’Etat en trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire, comme contre-pouvoir au régime de la monarchie absolue. Les trois pouvoirs, bien qu’interdépendants, devaient être suffisamment autonomes pour pouvoir élaborer des lois (pouvoir législatif ou Parlement), pour les appliquer (pouvoir exécutif) et pour veiller à leur respect (pouvoir judiciaire). La formule de Montesquieu devint, au fil du temps, l’infrastructure de l’Etat moderne.

(à suivre)

 

Richard POGLIANO

(*) L’Encyclopédie, dictionnaire des sciences, des arts et des métiers, dont la rédaction dure vingt et un ans (1751-1772), reflétait déjà dans son titre la volonté de diffuser une multitude d’informations. Elle réunit 60 200 articles, dans 28 volumes.

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