LE SIECLE DES LUMIERES (4)

UNE  VISION  DU  MONDE (1)

Au XVIII° siècle, une pléiade de grands philosophes et écrivains réclamaient une vision plus rationnelle du monde, et proposèrent des formes de gouvernement et d’organisation sociale plus tolérantes et démocratiques.

Le contraste marqué entre le monde des idées et la réalité quotidienne apparut aux intellectuels et aux écrivains « éclairés », alors qu’ils mettaient au point des théories sur la société et qu’ils élaboraient des propositions économiques et politiques.
L’expérience britannique, qui combinait la monarchie avec un système constitutionnel et parlementaire, devint un modèle à suivre, qui inspira de nombreux penseurs de la seconde moitié du XVIII° siècle, entre autre Montesquieu, Voltaire, Rousseau ou Diderot.

L’œuvre de Voltaire – – François Marie Arouet (1694-1778) – – constitue le meilleur exemple des tendances de l’époque : pensée analytique et idées rationnelles combatives.
Voltaire insiste sur le fait que dans sa pensée l’homme ne doit pas se laisser guider par les préjugés du christianisme, mais il ne doit pas non plus se laisser guider par les opinions de la société ou de l’Etat.
Selon Voltaire, la pensée rationnelle permet à l’homme moderne de prendre possession des vertus capitales qui le caractérisent pleinement : la tolérance, l’humanisme et la liberté.
En politique, toutefois, il est opposé à un gouvernement démocratique et favorable à la monarchie.

En 1749, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) prononça devant l’académie de Dijon le Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes qui le rendit célèbre et l’introduisit dans les cercles « éclairés ».
En 1762, il publia deux œuvres fondamentales : le Contrat social, où il expose ses théories politiques, et Emile ou De l’Education.
Dans le Discours sur l’origine de l’inégalité, Rousseau développa la thèse de la « bonté naturelle » de l’être humain, qui était corrompu par la civilisation. Romantique, il soutient l’idée du « bon sauvage », de la bonté de l’homme à l’état nature. L’Emile était une charge violente contre l’éducation de l’époque, en majorité aux mains de l’église.

De même que l’Etat et le commerce avaient été les thèmes préférés des dirigeants jusque là, les Lumières mirent l’accent sur l’individu et son lien avec la nature, en particulier en relation avec la plus importante des ressources naturelles : la terre.

Plusieurs textes critiques contre le mercantilisme soutenue par Jean-Baptiste Colbert, ministre de l’Economie sous Louis XIV furent compilés en 1758 par François Quesnay (1694-1774) dans Tableau économique, où il proposait l’idée que la richesse des nations ne dépendait que de l’agriculture, puisque le commerce et l’industrie étaient subsidiaires à l’époque. Quesnay préconisait la liberté économique et la suppression des monopoles, ainsi que des règlements commerciaux qui mettaient des obstacles au développement. L’attitude du nouveau groupe d’économistes se résuma par la formule « laissez faire, laissez passer ».

(à suivre)

 

Richard POGLIANO

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