LE SIECLE DES LUMIERES (1)

A  L’ORIGINE…

Au XVIII° siècle, des philosophes et des écrivains s’accordèrent sur l’exaltation de la raison en tant qu’outil de progrès, au point de transformer le siècle en siècle des Lumières et de diffuser leurs idées en Europe et en Amérique.
Les Lumières englobèrent les valeurs humanistes et rationalistes ébauchées par la Renaissance et développées au cours du XVII° siècle.

A partir de 1 700 furent confirmés en Europe l’économie de type mercantiliste, l’absolutisme monarchique, une culture structurée par des cadres nationaux ainsi qu’un esprit scientifique et rationnel qui provoqua une crise de la religiosité.

Cet équilibre entre la tradition et le changement vers de nouvelles formes de modernité constitua l’essence du despotisme éclairé, dont la foi dans la raison fit de ce siècle celui des Lumières.

Le travail démolisseur de Pierre Bayle, la nouvelle conception politique de John Locke, la vision du monde d’Isaac Newton, le moralisme laïc du comte de Shaftesbury et le déisme d’Anthony Collins mirent en évidence une cohésion idéologique stupéfiante qui s’enracina profondément en Europe. Cette conscience critique s’exprima dans des œuvres aussi différentes que les « Lettres persanes » de Montesquieu, « Les voyages de Gulliver » de Jonathan Swift ou « The Beggar’s Opera » de John Gay.

Le succès des Lumières en France est dû à trois facteurs : l’échec de la politique intérieure et extérieure de Louis XIV, le puissant ancrage de la philosophie cartésienne et le discrédit de l’Eglise Catholique, plongée dans des scandales constants. La publication de « L’Esprit des Lois » (1748) de Montesquieu marqua l’un des temps forts des Lumières, en énonçant la séparation des trois pouvoirs : le législatif, l’exécutif et le judiciaire.

Ainsi, le XVIII° siècle fut le « siècle des philosophes », selon d’Alembert, mais également celui des académies, des épîtres et des voyages.

Dans la propagation des nouvelles idées, la Franc-maçonnerie joua un rôle très important. En 1717 fut créée à Londres la Grande Loge d’Angleterre, organisation secrète fondée sur des principes déistes, au fort contenu humaniste. A partir de cette Loge se diffusèrent très rapidement en Europe des réseaux maçonniques clandestins, composés d’hommes d’Etat, de grands commerçants et de penseurs. Leur influence parvint jusqu’en Amérique, où ils s’allièrent à des mouvements indépendantistes qui revendiquaient le raisonnement et la liberté.

(à suivre)

Richard POGLIANO

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