LE PROJET ECONOMIQUE DE TRUMP…

Il n’a pas fallu attendre longtemps !

Depuis qu’il est élu Président des Etats-Unis, le candidat antisystème qu’était Donald Trump s’est transformé en défenseur acharné de Wall Street, comme en témoignent les différents pedigrees de ses collaborateurs à la Maison Blanche.

Qu’est-ce à dire ?

Le nouveau Donald Trump vient d’établir comme dogme économique, pour ses quatre années à la Présidence des Etats-Unis, que pour développer la croissance américaine, il faut déréguler son système financier. En d’autre terme, il faut totalement libérer les banques et autres fonds de pension de toute contrainte règlementaire.
Ainsi, le nouveau Donald Trump va s’employer à détricoter la loi Dodd-Franck, dont l’objectif était d’établir un certain équilibre règlementaire entre les banques et les marchés, en réponse à la crise de 2008.
Il va rejeter le projet des républicains, ceux de son propre parti, qui souhaitaient le retour à la séparation entre banques de dépôts et banques d’investissement.
Il va enfin supprimer la règle Volcker qui limite la spéculation des banques pour elles-mêmes et leurs investissements dans les hedges funds (*).
Certes, cela était à prévoir, quand on sait que le nouveau Président et ses nouveaux collaborateurs sont tous des financiers et dirigeants de fonds de pension !
Au final, que va-t-il arriver ?
Il ne faut pas être grand sorcier pour comprendre :

  1. que la dérégulation financière n’entraîne pas une augmentation de la croissance économique, mais la spéculation financière qui aboutit à une plus grande instabilité financière;
  2. que cette situation entraîne une perte de confiance des acteurs économiques, un ralentissement des investissements productifs et donc un ralentissement de la croissance ;
  3. que le chômage augmentant alors, d’importants déséquilibres peuvent apparaître aussi bien pour les citoyens que pour les Etats et plonger l’économie occidentale dans une crise financière semblable à celle que nous avons connue en 2007-2008 !

Sans compter les répercussions sur le continent européen, où les technocrates de la Commission menés par Juncker n’attendent déjà qu’un signe des dirigeants américains, un prétexte, par exemple une nouvelle concurrence des banques outre-Atlantique, pour se livrer à leur tour à une dérégulation financière.
C’est alors tout le système qui risque de basculer !
A suivre…

Richard POGLIANO

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