LE MOYEN AGE (8)

L’UNIFICATION DE L’ANGLETERRE

A cause de son insularité, l’appartenance de l’Angleterre à l’Empire Romain ne put jamais être consolidée. L’extinction progressive de Rome favorisa l’apparition de plusieurs royaumes, qui subirent de nombreuses invasions vikings.

Entre les VIII° et IX° siècles, l’histoire des royaumes fut marquée par la volonté de dominer l’ensemble des îles Britanniques. En ce sens, la première initiative importante fut prise par le royaume de Mercie. Sous les règnes d’Ethelbald et d’Offa, le royaume devint un Etat puissant. Offa se mit d’accord avec Charlemagne sur un traité d’égalité, et ses bonnes relations avec le pape Adrien Ier lui permirent de créer l’évêché de Lichfield, indépendant de celui de Canterbury.

La Mercie étendait sa suprématie sur les royaumes du Sussex, d’East Anglia, du Wessex et du Kent.

Dans la première moitié du IX° siècle, sous le gouvernement d’Egbert, le royaume de Wessex annexa à ses domaines les royaumes du Kent, des Cornouailles, de Mercie, et, plus tard, d’East Anglia et de Northumbrie.

De nombreuses incursions norvégiennes et danoises mirent à mal le royaume jusqu’au traité de paix de Wedmore, en 878.

Tout au long du X° siècle un processus de consolidation du régime monarchique fut mis en place par les différents rois du Wessex, Edouard, Athelstan, Edmond et Edgar, qui permit de libérer et d’étendre le royaume à l’Ecosse et au Pays de Galles.

Pour protéger leurs territoires, les rois de Wessex construisirent de petites enclaves fortifiées (boroughs), qui étaient dirigées par des membres de la noblesse et financées par les tributs versés par les paysans libres. Avec le temps, les boroughs devinrent des têtes de district (shire) et prirent ainsi une importance politico-administrative.
Au sommet, le monarque gouvernait, assisté par une assemblée, ou conseil royal (witenagemot), composé de nobles et de clercs.

Pour se différencier du monde romain et carolingien, les rois de Wessex privilégièrent la langue vernaculaire et se désintéressèrent du latin et du monde romain. Ils favorisèrent une profonde réforme de la vie ecclésiastique et imposèrent comme norme générale la règle bénédictine pour réduire les privilèges des hiérarchies de l’Eglise. La monarchie s’assurait ainsi un fort soutien de la part du clergé.

A la fin du X° siècle, les incursions danoises s’intensifièrent à nouveau.

Au début du XI° siècle, les troupes danoises, sous le commandement de Sven à la Barbe Fourchue, dévastèrent le Wessex qui devint ainsi une province de l’Empire du Nord (Danemark), gouverné par le roi Knut le Grand (995-1035). La domination danoise put se maintenir  durant un demi-siècle, jusqu’à ce que le trône de Wessex soit assumé par le roi Edouard III, un descendant d’Alfred le Grand (1).

(à suivre)

 

  • Alfred le Grand. Roi de Wessex (971-878) et, après avoir écrasé les Danois, également roi d’Angleterre (878-899), Alfred le Grand réorganisa l’administration et la justice, et relança l’économie. Conscient  que la pluralité ethnique fragilisait la force du royaume, il essaya d’imposer l’anglo-saxon comme langue unique, fonda des écoles et fit traduire de nombreux textes latins.

 

 

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