LE MOYEN AGE (40)

LES CATHEDRALES (1)

Le nom cathédrale vient du latin cathedra (siège à dossier). La cathèdre était le siège où s’asseyait l’évêque.
Une cathédrale est donc l’église où siège l’évêque. Le nom d’église cathédrale ne fut employé qu’à partir du Xe siècle. Il y a une cathédrale par diocèse. La cathédrale d’un diocèse supprimé est encore appelée cathédrale. Il existe des cathédrales en France depuis la création des diocèses à la fin de l’Antiquité
Jusqu’à la fin du XIIe siècle, les cathédrales n’ont pas les dimensions que nous leur connaissons aujourd’hui : nombre d’églises abbatiales sont des constructions beaucoup plus grandes (cf. Cluny dont les dimensions sont supérieures à la basilique actuelle de Saint-Pierre de Rome).

Les abbayes menées par des abbés à forte personnalité, constituent des centres d’attraction où se combinent richesse et pouvoir, intelligence et activité. Les abbayes sont des propriétaires puissants, protégés par les papes et jouissent de privilèges étendus qui les assimilent quasiment à des seigneurs féodaux. Leur influence est considérable du fait de leur participation très active à l’éducation de la jeunesse et à toutes les décisions politiques.
Lorsque les populations urbaines, instruites, enrichies, laissent paraître les premiers symptômes d’émancipation et s’érigent en communes, se produit une réaction contre la féodalité monastique et séculière. Les évêques, appuyés par la monarchie, vont profiter avec autant de promptitude que d’intelligence de ce mouvement : l’instant est propice pour reconquérir le pouvoir et l’influence qui leur revient normalement au sein de l’Église, alors qu’ils s’étaient concentrés dans les établissements religieux.

Le Moyen Âge, âge d’or des cathédrales

La majorité des cathédrales a été érigée entre 800 et 1600.
Ainsi la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris a débuté en 1163, celle de la cathédrale Notre-Dame de Reims en 1211.
En dehors de cette période, quelques cathédrales furent construites ou reconstruites comme par exemple, au XVIIIe siècle la cathédrale Notre-Dame-de-l’Annonciation de Nancy, au XIXe la cathédrale Notre-Dame de la Treille, à Lille, la cathédrale Sainte-Marie-Majeure (La Major) à Marseille et au XXe la Cathédrale d’Évry.

Le temps des premières cathédrales

Seule l’archéologie nous permet de connaître l’existence de cathédrales antérieures au XIe siècle. Une exception notable cependant : une partie de la nef de l’ancienne cathédrale carolingienne de Beauvais subsiste aujourd’hui.
En France, les cathédrales romanes ont pour la plupart disparu. Elles furent pour la plupart, remplacées par des cathédrales gothiques….
Dans la seconde moitié du XIIe et au XIIIe siècle, l’épiscopat se renforce et entreprend de reconstruire ses cathédrales. La relative prospérité de l’économie et des finances royales, et l’appui fort de souverains — comme Philippe-Auguste, Louis VIII et Saint Louis — forment un contexte favorable à ce projet (ce qui explique, pour l’essentiel, que les cathédrales sont construites sur le domaine royal). Le concours énergique des populations et l’activité développée par les établissements religieux allait lui venir en aide. Il est difficile aujourd’hui de donner une idée de l’empressement avec lequel les populations urbaines se mirent à élever des cathédrales. La foi avait certes son importance, mais il s’y joignait un instinct très juste d’unité et de constitution civile.

L’autorité royale limite les ambitions du clergé

L’alliance du clergé avec la monarchie ne tarde pas à inquiéter les barons. Saint Louis reconnait bientôt que le pouvoir royal ne fait que changer de maître. En 1235, la noblesse de France et le roi s’assemblent à Saint-Denis pour limiter la puissance que les tribunaux ecclésiastiques s’étaient arrogée.
En 1246, les barons rédigent un pacte d’union et nomment une commission des quatre plus puissants d’entre eux, pour décider dans quels cas le baronnage doit prendre fait et cause pour tout seigneur vexé par le clergé. De plus, chaque seigneur s’engage à mettre en commun la centième partie de son revenu, afin de poursuivre activement le but de l’union.
Au milieu de ces dangers, par sa conduite à la fois ferme et prudente, le roi parvient à contenir les prétentions du clergé dans des limites favorables à son pouvoir, et faire prévaloir l’autorité monarchique sur la féodalité. Dès lors, le rythme des constructions se ralentit : les édifices commencés sont achevés à la hâte, et ceux qui sont lancés le sont à moins vaste échelle. Les quelques études des comptes montrent que les réserves dont disposent les évêques se sont épuisées, souvent en rachat d’immeubles autour des anciennes cathédrales, et/ou dans le début de la construction de l’église. Les projets s’essoufflent ou ralentissent dans la mesure où ils ne sont plus alimentés que par des dons annuels ou les excédents dégagés par les ressources du domaine de l’évêque.

(à suivre)

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