LE MOYEN AGE (4)

CHARLEMAGNE  (1)

Au milieu du VIIème siècle, le royaume franc des Mérovingiens, miné par les guerres civiles et les luttes de pouvoir, entra dans une période de décadence. L’autorité du roi était aux mains des majordomes du palais, qui devinrent les véritables administrateurs de la maison royale et les maîtres de l’appareil militaire.

S’appuyant sur la noblesse d’Austrasie qui tentait de se soustraire au pouvoir royal, le majordome Pépin de Herstal prit le pouvoir. Au début du XIIIème siècle Charles Martel, son fils, occupa le trône et organisa des campagnes contre les Bavarois, les Saxons, les Thuringiens ; il repoussa les Arabes à la bataille de Poitiers et consolida le pouvoir de la nouvelle dynastie carolingienne.

Fragilisée par les conflits avec l’Eglise de Constantinople et par les dissidences internes, l’Eglise de Rome décida de s’appuyer sur les Francs. Le pape Zacharie légitima les aspirations carolingiennes représentées par Pépin le Bref, le fils de Charles Martel, qui mit fin à la domination mérovingienne. Charlemagne, fils de Pépin le Bref, poursuivit la politique expansionniste de son père.

Charlemagne (742-814) fut roi des Francs de 768 à 814, puis empereur de 800 à 814. Il eut de nombreuses épouses : Himiltrude, Désirade, Hildegarde, Fastrade, Liutgarde, Madelgarde, Regina, Adelinde et Gerswinde. Fils de Pépin le Bref et de Berthe au grand pied, Charles a été surnommé le grand (en latin magnus, d’où Charlemagne) après son règne. D’une large carrure, mesurant plus de 1m90, bedonnant, il avait sans doute fière allure mais ne portait pas de barbe fleurie comme le prétendait Victor Hugo. Il portait cependant une très belle moustache.

En 768, à la mort de Pépin le bref, il se partage le royaume avec son frère Carloman et obtient la Neustrie, une bonne partie de l’Austrasie et de l’Aquitaine. Mais Carloman meurt en 771 et Charles réunit ainsi tout le royaume sous son autorité.
Charles se lance alors dans une politique d’expansion quasi continuelle. Il intervient contre les lombards, à l’appel du pape Hadrin 1er, une fois de plus menacé. Victorieux en 774, il devient roi des lombards, annexant le nord de l’Italie. L’essentiel de son effort se tourne alors jusqu’en 803 vers l’Allemagne et le peuple saxon.

Poursuivant une politique de conversion de ce peuple païen, il mène dans le même temps une guerre de terreur : il fait décapiter 4500 saxons à Verden en 782. Il agrandit ainsi l’emprise des Francs sur le cœur de l’Allemagne actuelle. Il intervient également contre les Avars en Hongrie et en Espagne contre les musulmans. C’est lors de la retraite d’une campagne menée en 778 que l’arrière-garde, menée par Roland, est attaquée et décimée par les basques au col de Roncevaux (1).
Vers 799, le royaume franc, dont les frontières occidentales allaient de l’embouchure de l’Elbe aux Pyrénées et des Pyrénées Orientales au sud de Rome, avait atteint sa plus grande expansion.

Fort du soutien de l’église et désormais maître d’une grande partie de l’Occident, Charles est couronné empereur le 25 décembre 800 à Rome par le pape Léon III (2).

(à suivre)

Richard POGLIANO

 

 

  • Le 15 août 778, Charlemagne fut attaqué par des Vascons à Roncevaux. La mort au combat de Roland, paladin de sa cour, inspira plusieurs chansons de geste, comme « La chanson de Roland ».
  • Convoqué par le pape Léon III, menacé par la noblesse romaine, Charlemagne se rendit à Rome et sa charge fut maintenue. Le pontife le reçut avec tous les honneurs et le couronna empereur d’Occident. Charlemagne devint ainsi le protecteur de la chrétienté et se plaça au-dessus du pouvoir ecclésiastique.

 

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