LE MOYEN AGE (33)

LES ALBIGEOIS

La croisade des albigeois (1208-1229) (ou croisade contre les albigeois) est une croisade proclamée par l’Église catholique contre l’hérésie, principalement le catharisme (1) et dans une faible mesure le valdéisme (2). Dès le XIIe siècle, les textes de l’époque parlent d’« hérésie albigeoise » sans que cette région soit plus cathare que ses voisines.
L’hérésie était surtout implantée en Languedoc (3), lequel était dominé par deux familles, la maison de Toulouse et la maison Trencavel. N’ayant pas réussi à s’entendre pour faire front, le comte Raymond VI de Toulouse fait amende honorable et se croise, tandis que Raimond-Roger Trencavel se prépare à se défendre contre la croisade.

1208 15 janvier

  • Assassinat de Pierre de Castelnau

    Chargé de combattre l’hérésie albigeoise (cathare), Pierre de Castelnau est assassiné peu de temps après un rendez-vous avec Raymond VI, comte de Toulouse. Les deux hommes, en conflit depuis l’excommunication du comte par le légat pontifical, s’étaient rencontrés dans le but de se réconcilier. Mais l’entrevue n’a fait qu’envenimer la situation, puisque Raymond VI refuse de participer à la lutte contre les hérétiques. Soupçonné d’être responsable du meurtre, il est une nouvelle fois excommunié. L’assassinat du légat pontife déclenchera peu de temps après la croisade contre les albigeois.

  • 1209 22 juillet

  • Massacre de Béziers

    L’armée des croisés chargée d’éradiquer les cathares à la demande du pape Innocent III s’empare de Béziers. Sous la direction du légat du pape Arnaud Amaury (ou Arnaud Amalric) et du chef Simon de Monfort, la ville est mise à sac et la population massacrée. Bien qu’en majorité catholique, Béziers ne voulait pas livrer les cathares qu’elle protégeait. Avant de donner l’assaut, les croisés demandent au légat comment reconnaître les hérétiques des vrais chrétiens. Celui-ci leur aurait répondu : « Tuez les tous ! Dieu reconnaîtra les siens ! ». Pendant vingt ans, les combats feront rage dans la région. Les albigeois, dans un premier temps dépassés, organiseront une reconquête avant de se heurter à l’armée royale française. Bien que glorieuse pour les catholiques, la croisade des albigeois n’élimine pas complètement le catharisme. C’est une des raisons de la création de l’Inquisition quelques années plus tard.

  • 1215 juin

  • La croisade contre les albigeois à Toulouse

    L’armée des croisés de Simon de Montfort fait son entrée à Toulouse, tandis que le comte Raymond VI, protecteur des albigeois (cathares) s’est enfui en Angleterre. Quelques mois plus tard, au IVe concile du Latran, Simon de Montfort se fera attribuer les terres de son ennemi.

  • 1218 25 juin

  • Simon de Montfort tué par une pierre

    Toulouse se révolte contre Simon de Montfort et le pousse hors des murs. Ce dernier entreprend alors le siège de la ville pour soumettre les habitants révoltés. C’est alors qu’une lourde pierre s’abat sur sa tempe et le tue sur le coup. Son armée de croisés se disperse aussitôt. Son fils, Amaury, reprend le combat mais sera écrasé par Raymond VII, successeur de Raymond VI, qui récupérera ses terres.

  • 1229 12 avril

  • Fin de la croisade contre les albigeois

    Un traité est signé à Paris entre Blanche de Castille, régente mère de Louis IX, et Raymond VII, comte de Toulouse, contraint à en accepter les termes. L’ « accord » met fin à la croisade menée contre les albigeois, ou cathares, depuis 1209. Le comte doit alors céder une grande partie de ses terres au royaume mais conserve le comté de Toulouse et le Lauragais. Il s’engage également à marier Jeanne de Toulouse, son héritière, à Alphonse de Poitiers, frère cadet du roi. Ainsi, à sa mort, le reste de son territoire reviendra définitivement au royaume de France.

  • (1) Le catharisme (du grec καθαρός / katharós, « pur ») est un mouvement religieux médiéval qui s’inscrit dans le christianisme. Il s’agit d’un monothéisme dualiste qui se développe entre les Xe et XIVe siècles dans plusieurs régions d’Europe. Les guides religieux de ce mouvement se désignaient eux-mêmes comme « bons hommes », « bonnes dames » ou encore « bons chrétiens » et leurs ennemis contemporains les appelaient les « hérétiques albigeois » et « hérétiques accomplis » ou « hérétiques parfaits ». Le mouvement ne s’est jamais autodésigné sous le nom de « Cathare » ainsi, car ce terme, repris des écrits de saint Augustin par l’abbé Eckbert von Schönau († 1184) pour désigner les « hérétiques », fut popularisé en français par l’Occitanisme des années 1960 dressé contre le centralisme jacobin et parisien.
    (2) Les vaudois du Luberon sont des personnes de la région du Luberon (sud de la France, principalement en Vaucluse) qui appartiennent à l’Église évangélique vaudoise, c’est-à-dire qui suivirent les doctrines de Vaudès (ou Pierre Valdo), créateur en 1170 d’un mouvement religieux appelé Les Pauvres de Lyon. L’histoire des vaudois du Luberon illustre les tensions religieuses qui secouent le monde chrétien au Moyen Âge et à la Renaissance, en particulier lors du massacre de Mérindol du printemps 1545, qui coûta la vie à 3 000 personnes en cinq jours, et dévasta 24 villages, tandis que 670 personnes étaient envoyées aux galères de Marseille .
    (3) Le Languedoc (prononcé [Lengadòc, en occitan) est un territoire du sud de la France traditionnellement divisé en Haut-Languedoc, approximativement compris dans l’ancienne région Midi-Pyrénées, et Bas-Languedoc, qui correspond approximativement à l’ancienne région Languedoc-Roussillon. Le nom de Languedoc est une traduction française et une contraction du nom latin Linguae Occitanae littéralement traduit par « Langue Occitaine » qui a été utilisé pour renommer le Comté de Toulouse après son annexion par le Royaume de France. Ceci participa à mettre au silence l’identité tolosane en renommant le territoire par rapport à la classification linguistique de Dante. Pour affaiblir Toulouse, le Royaume de France faisait également de Montpellier une seconde capitale du Languedoc. Le Languedoc fait partie de l’Occitanie, vaste espace géographique de langue d’oc.

    (à suivre)

    Richard POGLIANO

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