LE MOYEN AGE (3)

LE  MONDE DES MONASTERES (2)

Les règles monastiques allaient exercer une grande influence sur la morale bourgeoise du bas Moyen Age, comme allaient l’exprimer les règlements des corporations.
On peut ainsi affirmer que les moines furent les premiers, en Europe, à enseigner des méthodes de travail. Jusqu’à la réorganisation de la vie urbaine, les ateliers qui, en tant qu’héritiers de l’activité manufacturière romaine, étaient encore nombreux, contribuèrent peu au développement des techniques industrielles ultérieures.
C’est avec l’apparition des monastères que, pour la première fois, on apprit à gagner du temps, à diviser et à profiter rationnellement de la journée, à mesurer les heures et à les annoncer par une cloche. Alors qu’apparaissait la division du travail, le temps passé devint le fondement de la production.

A partir du VII° siècle, la contribution monacale au développement de l’architecture fut très importante. Du moine Hilduard, on sait par exemple qu’il fut le maître d’œuvre de l’église abbatiale de Saint-Père, à Chartres ; Saint Bernard (1) fonda l’abbaye de Clairvaux, il mit à la disposition d’autres monastères un frère de son ordre, l’architecte Achard, et Isembert, architecte de la cathédrale de Saintes. Il construisit des ponts à Saintes, à La Rochelle et dans des villes anglaises.

Au cours du X° et du XI° siècles apparut un mouvement de réforme qui prétendait élever la moralité du clergé, lutter contre le mariage et le concubinage des moines et abolir le trafic de distinctions ecclésiastiques.
Les réformateurs poursuivaient également la séparation entre pouvoir ecclésiastique et pouvoir civil.
Dans ce contexte se détache le mouvement clunisien, parti de l’abbaye de Cluny, fondée en 910 par le duc Guillaume d’Aquitaine.
En plus d’une réforme économique et administrative des monastères bénédictins, ce mouvement se fondait sur dépendance exclusive à la hiérarchie ecclésiastique, intensifiant ainsi une discipline stricte (2).
D’un autre côté, en 1098, l’abbé Robert de Molesme créa l’ordre cistercien à Cîteaux (France), d’où partit un autre mouvement réformiste : le cistercien, qui prétendait appliquer avec une rigueur absolue les idéaux de Saint Benoît (3). Bernard de Clairvaux eut une grande influence sur ce mouvement.
Entre 1113 et 1115, cinq abbayes furent fondées en France : la Ferté, Pontigny, Clairvaux, Morimond et Tart pour les femmes. Ces centres eurent à leur tour de nombreuses filiales, qui bénéficièrent de la bénédiction papale : en 1140 il y avait 3 abbayes, et à la mort de Saint Bernard en 1153 il y en avait déjà 393.
Des monastères devinrent de grands centres de productions, organisés en rues avec des ateliers regroupés par métiers. D’autres devinrent le siège d’expérimentations technologiques (4).

 

(1)Saint Bernard de Clairvaux. Saint Bernard de Clairvaux, de l’ordre Cîteaux, fut abbé et docteur de l’Eglise. Il fonda le monastère de Clairvaux, en France, et bien qu’il fut accuser d’hérésie, posa les principes qui allaient, par la suite, valider les croisades et la création d’ordres religieux militaires.
(2)Obéissance de l’abbé. Dans les monastères, les moines étaient soumis à la volonté de l’abbé. Cette norme, établie par Saint Benoît de Nursie, tendait à empêcher la prolifération de tendances hérétiques et la détérioration des communautés religieuse.
(3) Rappel. Saint Benoît fonda le premier monastère d’Europe occidentale en 529. Cinq siècles plus tard, la vie monastique s’était répandue dans tout le continent et, bien au-delà de son rôle religieux, s’était érigée en foyer de développement culturel et social.
(4)Inventions. A la fin du XI° siècle, le moine bénédictin Théophile décrivait dans ses notes une série d’inventions comme la fabrication du verre, la peinture au feu sur les vitraux et le mélange de couleurs à l’huile.

(à suivre)

Richard POGLIANO

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