LE MOYEN AGE (26)

L’ART ROMAN

L’art roman qui précède dans l’ordre du temps l’art gothique, domine en Europe du début du XIè siècle au milieu du XIIè et même dans certains pays, jusqu’à la fin de ce dernier.
Il dérive de l’art carolingien qui, sur un fond puissant de traditions romaines et gallo-romaines, s’est imprégné durant le haut Moyen Âge d’influences orientales : Asie, Proche Orient, Byzance…
Diverses circonstances comme les pèlerinages et les croisades ont renforcé ces apports auxquels des traditions linéaires abstraites, celtes, barbares et arabes viennent s’ajouter dans certaines régions.
L’église romane où domine l’arc en plein cintre, est couverte pour la plupart des cas de voûtes de pierre : berceau, coupole, rarement voûte d’arêtes – réservées au chœur et aux collatéraux.
L’édifice roman est remarquable par sa force, sa plénitude, l’importance des masses, l’épaisseur des murs, par sa parfaite adaptation au pays, au climat, au sol qui le porte et dans lequel il est profondément enraciné, par sa soumission au but proposé, par la noblesse de la composition, par la puissance de l’exécution.
Au XIè et surtout au XIIè siècle, au besoin d’universalité, par lequel le Moyen Âge nous fait connaître sa vaste conception de l’homme et de ses rapports avec Dieu et la création, correspond cet art encyclopédique qui triomphe dans le monde chrétien tout entier.
Mais il est aussi particulier, car si les monuments ne sont pas signés, s’ils semblent porter en eux les efforts de toute une communauté, l’aboutissement des recherches de toute une époque, par bien des détails, par des solutions ingénieuses et inédites, ils affirment la personnalité, le goût, la « présence » d’un constructeur.
L’architecture n’est pas pure création de l’esprit ; elle est astreinte à des lois inéluctables : équilibre des poussées, stabilité des masses, d’où la nécessité, dans une science basée sur l’expérience, d’étudier les monuments existants et de s’en inspirer, quitte à améliorer ou à modifier les solutions passées et à adopter des formules nouvelles là où les autres se sont avérées non efficientes, ce qui explique l’unité et la multiplicité des types.

Caractéristiques générales

  • L’architecture romane est une architecture d’équilibre des forces.
  • C’est une architecture de moines. Jusqu’au milieu du XIIè, les monastères bénédictins (Cluny) et cisterciens (Cîteaux) sont les seuls lieux où ont été gardés les restes de la culture antique : ce sont les seules écoles et les seuls foyers d’art. Ce sont les moines qui font les plans et qui construisent : Guillaume de Volpiano, Odon, Thierry.
  • L’église romane est massive et puissante…
  • L’église romane est peu éclairée, parfois sombre.
  • L’église romane est simple dans ses lignes.
  • L’église romane est franche : pas de choses inutiles. Trois portes dans la façade indiquent trois nefs, trois étages d’ouverture indiquent une élévation à trois étages…
  • L’église romane est variée : chaque église romane à un visage différent, quoi que gardant les caractères essentiels de l’art roman.

(à suivre)

Richard POGLIANO

Les commentaires sont fermés.