LE MOYEN AGE (24)

LE SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE

Dans son acception la plus étendue, le terme de Saint-Empire romain germanique désigna l’Empire d’Occident, restauré par Charlemagne, sanctionné par la papauté et transmis aux empereurs d’Allemagne, successeurs de Charlemagne.
Dans une acception plus restreinte, il désigna souvent la suzeraineté de l’Allemagne et de l’Italie seulement, en tant que dévolue à un prince germanique.
L’histoire du Saint-Empire est liée à l’histoire générale de l’Europe et a ses origines dans l’histoire de l’Antiquité classique.
Elle peut se diviser en plusieurs grandes périodes.
De 476 à 800, la notion de l’Empire romain subsista en se modifiant. L’idée d’un Empire romain unique et universel, ayant son siège à Rome, persista traditionnellement en Italie. D’autre part, l’Empire d’Orient, transporté à Constantinople par Constantin, fut la continuation légale de l’Empire romain, puisque l’Empire d’Occident ne s’était pas maintenu dans l’Europe occidentale.
Après les grandes invasions arabes du VIIIe siècle, les théories sur l’existence, en Europe, d’un pouvoir central fortement organisé, dont la nécessité se faisait de plus en plus sentir, prirent corps dans la reconstitution de l’Empire par Charlemagne (800).
Au IXe et au Xe siècle, l’organisation du Saint-Empire se précisa et se formula définitivement, sous les règnes des empereurs d’Allemagne Otton ler, Otton II et Otton III. On fait même quelquefois dater le Saint-Empire romain germanique seulement de l’année 962, C’est à la même époque que le clergé entra dans la vie féodale par ses possessions temporelles (Etats de l’Eglise).
Du XIe siècle au XIIIe siècle, la féodalité ecclésiastique, ayant à sa tête le pape, engagea une lutte acharnée avec la féodalité laïque, représentée par l’empereur, et occasionna la « querelle des investiture ».
Le Saint-Empire eut généralement le dessous dans cette lutte contre le Saint-Siège, notamment sous les empereurs Henri IV, qui rendit à Grégoire VII l’hommage humiliant de Canossa, Henri V, qui conclut le compromis du concordat de Worms, Frédéric ler Barberousse, au XIIe siècle, et Frédéric II au XIIIe siècle.
Au XIVe et au XVe siècle, le Saint-Empire et le Saint-Siège entrèrent chacun dans une période de troubles et de décadence, qui fut surtout nuisible au Saint-Empire romain germanique. De Charles-Quint aux traités de Westphalie, les dissensions religieuses et les troubles intérieurs de l’Allemagne contribuèrent encore à affaiblir l’organisation du Saint-Empire.
Depuis 1648 jusqu’au commencement du XIXe siècle, le Saint-Empire, sans rapports définis avec le Saint-Siège et sans force intérieure, faisait dire à Voltaire qu’il n’était ni saint, ni romain, ni germanique.
(à suivre)

Richard POGLIANO

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