LE MOYEN AGE (20)

LES CROISADES EN TERRE SAINTE (2)
Les circonstances politiques contribuèrent également à la vulgarisation des croisades.
Pour l’aristocratie féodale du nord de la France, la Bourgogne et l’Allemagne, c’était un moyen de faire déplacer des excédents humains vers l’extérieur, alors que pour ceux du sud de l’Italie et d’Angleterre, elle représentait une prolongation de leurs entreprises guerrières antérieures.
D’autre part, la conquête des routes méditerranéennes par les marins et les marchands italiens trouvait dans la croisade un élément d’appui.

Les Etats d’Orient
La première ou ʺ grande croisade ʺ fut la seule à afficher un bilan positif pour les troupes chrétiennes.
En 1096, l’expédition réunit, au début sous le commandement du légat et du comte de Toulouse, Raymond de Saint Gilles, plusieurs armées du sud de la France.
Les seigneurs du Nord et les Normands s’unirent, par la suite, au frère du roi Philippe Ier et au duc Robert. Depuis l’empire, des troupes de Lorrains, d’Allemands ainsi que l’armée normande de Bohémond de Tarente basée en Sicile s’allièrent.
Tous se dirigèrent vers Constantinople.
Après la conquête de Nicée et de la Phrygie, Bohémond de Tarente s’empara d’Antioche. Malgré les accords préalables avec Byzance, selon lesquels les territoires ʺ libérés ʺ lui seraient rendus, il fit d’Antioche en 1098 une principauté indépendante.
En 1099, Jérusalem fut conquise par Godefroid de Bouillon. A sa mort, le territoire revint à son frère Baudoin de Flandres.
C’est ainsi qu’avec Tripoli, Edesse et Antioche, Jérusalem allait faire partie d’une confédération d’Etats Latins d’Orient.
C’est précisément la perte d’Edesse qui motiva une nouvelle croisade à l’initiative du pape Eugène III, et sous la direction de Louis VII de France et de l’empereur romano-germanique Conrad III.
Ce fut un échec, les troupes chrétiennes ayant été vaincues en 1148 alors qu’elles tentaient de s’emparer de Damas.
La prise de Jérusalem par les Turc en 1187, entraîna une alliance entre Philippe Auguste de France, Richard Cœur de Lion d’Angleterre et l’empereur allemand Fréderic Ier pour l’organisation de la troisième croisade.
Malgré la victoire initiale à Chypre (1191), les troupes turques de Saladin les obligèrent à négocier la retraite.
Cinq ans plus tard, le pape Innocent II exposa la nécessité d’une nouvelle croisade pour récupérer les lieux saints et rétablir sur le trône byzantin Isaac II.
En 1204, les croisés occupèrent Constantinople et proclamèrent l’Empire Latin de Constantinople en remplacement de l’empire de Byzance. Lors d’un concile à Latran, les autorités ecclésiastiques décidèrent, en 1215, de prêcher une cinquième croisade, qui se solda par un échec.
Lors de la sixième croisade, entamée en 1228, l’empereur allemand Fréderic II, soutenu par Enrico Dandolo de Venise, signa une trêve de dix ans avec le sultan turc Al-Kamil, ainsi que la cession des cités de Jérusalem, Bethléem et Nazareth.
Les deux croisades suivantes, motivées par la perte de Jérusalem en 1244 et d’Antioche en 1268, furent conduites par Saint Louis.
Après l’arrêt des hostilités en 1272, le pape Nicolas IV convoqua une neuvième croisade, à cause de la perte de Tripoli. Il n’obtint toutefois aucun écho des monarques chrétiens de l’Europe Occidentale, plus préoccupés qu’ils étaient par la guerre de Cent Ans que par la reprise des Lieux Saints.
Tout au long des siècles suivants, les tentatives pour récupérer la Terre Sainte furent réitérées, mais leur déroulement était à la charge des ʺ croisés permanents ʺ, les ordres militaires du Temple ou de l’Hôpital de Saint Jean de Jérusalem.

  • Ordres religieux et militaires
    La protection des pèlerins en Terre Sainte conduisit à la création d’ordres religieux et à la construction de châteaux en Méditerranée. D’hospitaliers, les ordres devinrent vite militaires. Parmi ceux-ci, l’Ordre du Temple et l’Ordre Teutonique.
  • Promesse
    L’indulgence pleine à ceux qui luttaient pour les pèlerins et chrétiens d’Orient attira des milliers de guerriers.
  • Urbain II
    Eudes de Châtillon, élève de Saint Bruno, moine de Cluny et évêque d’Ostie, fut considéré comme un grand réformateur. Il réaffirma l’élan du mouvement épiscopal ʺ Paix et trêve de Dieu ʺ, dont l’objectif était de limiter la violence féodale.
  • La croix et l’épée
    Les chevaliers chrétiens prononcèrent des vœux ou se firent coudre une croix en toile sur les vêtements, d’où leur nom de croisés.
  • Le lien
    La foi fut le lien qui unit les croisés venus de toutes les parties d’Europe pour combattre en Terre Sainte.
  • Unique succès
    La première croisade fut une victoire chrétienne, mais les autres échouèrent.
  • Anéantissement
    Les huit croisades se caractérisèrent par la violence impitoyable des combats

(à suivre)

Richard POGLIANO

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