LE MOYEN AGE (2)

LE MONDE DES MONASTERES (1)

Dans le cadre de l’expansion du christianisme, les expériences monacales se multiplièrent sur les côtes de Provence, puis en Irlande où la diffusion du phénomène (1) coïncida avec l’évangélisation de l’île, débutée en 432 à l’initiative de Saint Patrick.

Le monachisme se renforça avec l’expérience de Benoît de Nursie qui, en fondant le monastère de Mont-Cassin en Campanie (Italie) (2), composa la Regula benedicti, précis de règles destinées à systématiser la vie religieuse (3).

Saint Benoît insistait sur la subordination des membres de la communauté à l’abbé, et sur le maintien à vie des liens avec le centre religieux. Le grand changement bénédictin fut de limiter l’austérité corporelle aux travaux, et de fournir un effort dans la formation intellectuelle. Il souligna l’importance de la lecture et de l’étude : pour ce faire, il exigea que chaque monastère dispose d’une bibliothèque et d’une école, éléments qui seraient la base des écoles épiscopales. Saint Benoît souligna l’importance de la réalisation de travaux manuels par les moines et systématisa la pratique régulière de la prière.

L’entrée dans le monachisme obligeait le moine à y rester toute sa vie, en respectant les vœux de pauvreté et de chasteté. Pour la direction de la communauté, les moines élisaient un abbé, à qui ils devaient obéissance. En qualité de père et de guide, l’abbé était chargé de maintenir la discipline. De ce fait, il était autorisé à châtier les moines qui enfreignaient les règles. En général, le châtiment consistait en des journées de jeûne, des expositions prolongées aux rigueurs du climat ou une augmentation des heures de travail.

Malgré son excellent fonctionnement, le système monastique bénédictin tarda à s’imposer.

Tant dans la péninsule Italique qu’en Gaule, la règle bénédictine eut à rivaliser avec beaucoup d’autres organisations.

L’un des mérites du pape Grégoire le Grand fut précisément de reconnaître les possibilités offertes par le monachisme bénédictin en tant qu’instrument au service de l’autorité pontificale. A l’époque des missions envoyées christianiser les peuples païens, toutes implications de ce lien entre la politique de pape et la diffusion d’un monachisme discipliné et bien organisé furent mises en évidence. Ce qui exerça une très grande influence sur l’évolution de la société au Moyen Age.

 

(1) Les origines. Les premières formes de vie monastique furent impulsées par l’évêque Saint Basile (329-379). Ce sont les bases du monachisme orthodoxe, concentré dans les monastères du mont Athos (Grèce).
(2) La règle de Saint Benoît. En 529, Saint Benoît de Nursie fonda le premier monastère chrétien d’Occident au mont Cassin (Italie). C’est sous la règle de Saint Benoît que furent introduits les vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance.
(3)Passage de la Regula benedicti. « La paresse  est l’ennemie de l’âme. Par conséquent, les frères seront occupés au travail manuel, à des moments déterminés. Si les besoins du lieu l’exigent, ils se consacreront à récolter, ils ne devront pas s’en plaindre, car ils seront d’authentiques moines quand ils vivront du travail de leurs mains ». Benoît de Nursie (480-547).

(à suivre)

Richard POGLIANO

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