LE MOYEN AGE (17)

LE REVEIL DES CITES (2)

La cité augmenta sa marge de libertés, au point de commencer à partager avec les seigneurs féodaux l’organisation de l’activité rurale et les bénéfices du revenu agraire. La bourgeoisie urbaine naissante, enrichie par l’essor du commerce, devint la créancière tant de la paysannerie appauvrie que des seigneurs féodaux. Les bourgeois commencèrent à investir dans l’achat de terre et, en accord avec une partie du clergé, obtinrent d’administrer pour leur propre bénéfice quelques revenus de l’Eglise, comme les dîmes paroissiales.
Enfin, par le mariage, la bourgeoisie établit des liens de parenté avec des représentants de la noblesse appauvrie. La nouvelle oligarchie urbaine acquit ainsi des titres seigneuriaux qui donnèrent un fond de légalité et de prestige à son ascension sociale. Cette confluence des intérêts artisanaux et commerciaux avec ceux de l’ancienne noblesse fut à l’origine du patricial urbain.

L’autonomie urbaine

Au XIII° siècle, ne nombreuses villes gagnèrent l’autonomie de gouvernement et rédigèrent leur propre législation. Les ordonnances municipales se succédèrent, précisant tous les aspects de la vie urbaine et, parmi les plus polémiques, la détermination des impôts des citoyens. Les conflits entrent corporations, les luttes internes –entre maîtres, apprentis qualifiés et apprentis-, la concurrence entre les métiers et l’arrivée de paysans pauvres firent des villes la scène des nouvelles luttes sociales.
Pour faire face aux seigneurs féodaux, de nombreuses villes constituèrent des confédérations, des ligues ou des confréries, comme la Ligue des cités rhénanes, active entre 1248 et 1256, ou les diverses confréries de cités castillanes formées à partir de 1262.
Dans les villes allemandes, les corporations marchandes prirent une grande importance dans le conseil (rat), alors que dans les villes italiennes, sujettes aux conflits guerriers à cause de leur rivalité pour le contrôle des routes commerciales de la Méditerranée, le pouvoir incombait souvent au condottiere, mercenaire engagé pour défendre la ville.

Les idées nouvelles

L’espace rural et l’espace économique de l’Europe occidentale passèrent progressivement sous la domination des centres urbains. Cette situation se manifesta dans l’organisation de la commune.
C’est ainsi qu’au XII° siècle apparaissent déjà dans les Flandres et le nord de la France les échevins (régisseurs de la cité) appartenant à l’élite urbaine, composée de chevaliers, de propriétaires terriens et de serviteurs des comtes (appelés boni homines). A partir du XIII° siècle le nombre de jurés, consuls ou conseillers municipaux fut fixé entre trois et sept. Ils étaient élus par les habitants à une date et pour une période déterminée (un ou deux ans), et leurs fonctions furent définies.
Cette répartition du pouvoir entraîna de violents affrontements, menés essentiellement par les grands marchands et les corporations. Elle fut également utilisée par la couronne pour limiter les attributions municipales.
En 1231, lors d’une réunion de la Diète de Worms, le roi Frédéric II imposa aux villes allemandes le Statum in favorem principum, qui retarda la participation des corporations au gouvernement civil. Dans d’autres cas, le pouvoir central appuya les revendications bourgeoises pour contrecarrer les appétits seigneuriaux.

Premières expériences démocratiques

De manière générale, l’alliance entre les villes et la monarchie ouvrit la voie aux toutes premières expériences démocratiques dans les capitales où résidait la couronne.

(à suivre)

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