LE MOYEN AGE (16)

LE REVEIL DES CITES (1)

Le développement du féodalisme modifia la nature et le fonctionnement des cités. Jusqu’à leur zénith au X° siècle, les centres urbains, continuateurs de la tradition de la cité antique gréco-romaine, avaient fondé leur existence sur l’environnement rural, par le biais du recouvrement d’impôts.
De la même façon, le commerce d’objets de luxe dépendait du maintien du réseau routiers et des émissions monétaires, détenues par un pouvoir central.

La crise de l’Etat romain sous le bas empire entraîna un changement des critères qui soutenaient les cités antiques. De cette crise naquit un modèle de cité résultant du développement de régime féodal.

Les nouvelles cités

Le seigneur féodal en arriva à jouer un rôle décisif dans le phénomène urbain. Au XI° siècle, la cité devint un lieu de concentration des rentes, et siège du marché auquel les paysans du fief participaient pour changer en monnaie leurs excédents de production. Cette double fonction détermina une concentration progressive des activités artisanales dans la cité.
L’augmentation de l’artisanat urbain dépassa le cadre des petits marchés du XI° siècle et favorisa l’apparition des foires. Leur fonctionnement franchit rapidement les limites de la seigneurie et prit, au milieu du XIII° siècle, une forme particulière, notamment en Champagne. La plus grande disponibilité de produits encouragea la croissance du trafic commercial terrestre et maritime, et de nombreuses cités devinrent les bornes fondamentales des nouvelles routes commerciales.
La nouvelle expansion des cités préconisait un profond changement culturel, encouragé par leur autonomie croissante face au seigneur féodal. Les franchises et les privilèges dont jouissait la population urbaine étaient inconcevables en milieu rural, où la vassalité accentuait les conditions d’exploitation de la paysannerie.
Au fil du temps, un pouvoir central issu des structures monarchiques permit au roi, pour faire face aux seigneurs féodaux, de s’appuyer sur les secteurs sociaux urbains, qui acquirent ainsi une plus grande importance politique.

Le patriciat urbain

Cette ascension sociale se traduisit, au fil du temps, par la revendication de plus de prérogatives, comme la possibilité de choisir le gouvernement municipal, d’établir et de percevoir des impôts ou de former des milices propres. Les cités devinrent une pépinière de nouvelles idées, mais celles-ci se heurtaient à la légalité instaurée par le féodalisme.
L’existence des zones franches, qui permettaient aux cités de prendre quelque distance avec la condition juridique seigneuriale, devint pour le féodalisme un mal nécessaire : indispensable pour le maintien du régime seigneurial, il fut également le ferment de sa propre destruction.

(à suivre)

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