LE MOYEN AGE (14)

L’EUROPE ET LA SOCIETE MEDIEVALE (3)

La centralisation du pouvoir
Au milieu du XI° siècle et durant tout le XII°, les seigneuries, en fonction des accords économiques et militaires mais également des liens familiaux, dynastiques et historiques, se hiérarchisèrent et s’articulèrent en royaumes et principautés.
La concurrence économique et militaire croissante, stimulée par un commerce florissant, souligna la nécessité d’un pouvoir centralisé avec lequel les seigneurs féodaux entretenaient une relation contradictoire : l’avantage de ne pas affronter individuellement la guerre ou les défis économiques s’opposait au besoin d’accepter une autorité supérieure, qui finissait par dicter ses propres règles du jeu.
Le duc Guillaume de Normandie, le comte Raimon Berenguer Ier de Barcelone et Louis VI, roi de France, finirent par s’imposer aux seigneurs qui mettaient en cause leur pouvoir, puis se placèrent au sommet de la pyramide féodale.
Le pouvoir de concevoir et réclamer des fiefs, le monopole de la frappe des monnaies, la fonction législative et l’administration de la guerre formèrent les éléments clés de cette nouvelle étape du féodalisme.
L’intronisation d’un prince en tant qu’incarnation du pouvoir central prit fin avec la consolidation du système féodal.
De son côté, la politique de l’Eglise, liée à sa réflexion intellectuelle, donna de l’épaisseur à cette trame sociale.
Fondée sur la pensée thomiste (1), elle accorda l’aval de la volonté divine à la stratification de la société en trois classes, avec leurs droits et devoirs respectifs : les bellatores (ceux qui faisaient la guerre), les oratores (ceux qui priaient) et les laboratores (ceux qui travaillaient).
Contredire cette classification sociale déchaînait la colère de Dieu qui, selon un cliché brandi par l’Eglise, se manifestait à travers les mauvaises récoltes, les famines ou les épidémies de peste.
La rébellion contre le monarque, qui gouvernait par la grâce de Dieu, ou contre n’importe lequel de ses représentants, provoquait également le châtiment divin.

(à suivre)

(1) Le thomisme est un courant philosophique ouvert sur une théologie faisant référence à Thomas d’Aquin consistant principalement en un réalisme philosophique. Thomas d’Aquin (né en 1224/1225 au château de Roccasecca près d’Aquino, en Italie du Sud, mort le 7 mars 1274 à l’abbaye de Fossanova près de Priverno dans le Latium), est un religieux de l’ordre dominicain, célèbre pour son œuvre théologique et philosophique. Considéré comme l’un des principaux maîtres de la philosophie scolastique et de la théologie catholique, il a été canonisé le 18 juillet 1323.

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