LE MOYEN AGE (10)

DRAKKARS ET KNORRS

Les Vikings contrôlèrent les routes maritimes et les fleuves du nord de l’Europe au cours des VIII° et IX° siècles, faisant commerce d’objets utilitaires et d’articles de luxe. Alors que les Danois et les Norvégiens allaient vers l’ouest, les Suédois (ou Varègues) gagnaient l’est.

Les Vikings construisaient deux types d’embarcations, en fonction de leur objectif et des eaux navigables. Même si le modèle de base était le même, ils utilisaient le drakkar comme navire de guerre et les knörrs pour les activités commerciales.

La découverte, en 1880, du bateau de Gokstad permit de progresser dans la connaissance que nous avons, aujourd’hui, des Vikings. Le drakkar date approximativement de l’an 900. Il dépasse les 25 m de long et son poids, y compris les appareillages, tourne autour des 20 t.

Un constructeur en chef choisissait les meilleurs bois, qui pouvaient être du chêne ou du pin Pour débiter les troncs, on n’utilisait pas des scies, mais des haches, des ciseaux à bois et des mèches. Dans le pin, on n’obtenait que deux planches par tronc. On le divisait par la moitié, puis on lissait la partie courbe. Le chêne, lui, était coupé en deux dans la longueur, puis chaque moitié encore en deux, jusqu’à obtenir 32 planches.

L’armature de la coque du navire de Gokstad se composait de 16 planches superposées, sur une largeur de 5,4 m et une hauteur de 2 m. Les Vikings appelaient cette méthode de construction « agglutinée ».

  • Quille. Taillée d’une seule pièce (un chêne de plus de 25 m), la quille offrait au bateau une grande résistance et permettait de naviguer même dans 1 m d’eau.
  • Charge. Etant des navires de guerre, les drakkars supportaient peu de charge. En revanche, les knörrs, bateaux utilisés pour le commerce, pouvaient même transporter du bétail sur le pont.
  • Coque. Les planches du fond ne mesuraient que 2,5 cm. La dixième rangée devait être la plus solide (4,3 cm), car elle se situait sur la ligne de flottaison.
  • Timon. Il était situé à la poupe, à tribord, attaché au plat-bord par une courroie en cuir. Avec le temps, la pelle du timon devint de plus en plus large.
  • Figure de proue. Habiles artisans, les Vikings sculptaient dans le bois un animal emblématique, mélange entre le dragon et le serpent enroulé sur lui-même.
  • Voile. Il y avait une seule voile carrée d’environ 10 m de côté, même si on ne peut pas affirmer si elle était en lin ou en laine. L’entoilement pouvait être réduit en cas de gros temps.
  • Rames. Il y en avait 16 paires qui s’emboîtaient sur la 14° planche en partant de la quille. Pendant la navigation à la voile, elles étaient rangées sur des tréteaux en « T ».

Les casques des Vikings n’avaient pas de cornes, bien que ce soit l’image la plus répandue. L’iconographie se diffusa, selon certains historiens, à partir de quelques opéras de Wagner. Leur objet personnel le plus précieux était l’épée, à laquelle ils donnaient un nom. Quand au bouclier, il pouvait être en bois ou en métal. Les boucliers étaient placés sur les drakkars à l’extérieur du bastingage, en guise de protection. Leur décoration est un exemple évident de l’habileté des artisans vikings.

 

(à suivre)

 

Les commentaires sont fermés.