LE JUPPE TOUR

« L’homme politique de l’année », c’est Alain Juppé.
En ce 20 août 2014, Alain Juppé annonce sur son blog sa candidature à la future primaire de la droite et du centre, déclenchant ainsi un compte à rebours qui doit le mener vers la présidentielle de 2017.
Le Juppé Tour peut démarrer
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Progressivement, l’opinion va adhérer à sa candidature. Son image plus cool, sa personnalité moins distante, moins arrogante, son positionnement au centre de l’échiquier politique, tout séduit. A gauche il capte les déçus du hollandisme, à droite il attire un électorat gaulliste et modéré. Et au printemps 2015, il réussit le tour de force de passer devant Sarkozy auprès des sympathisants Les Républicains.

« Les Français aiment ceux qui en ont bavé. Et Juppé en a bavé », résume Olivier Mazerolle, intervieweur sur RTL et vieux routier du journalisme.
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Il peut maintenant dérouler sa stratégie et bâtir l’image d’un homme d’Etat compétent, en opposition à François Hollande ; et rassembleur, en opposition au personnage clivant qu’incarne Nicolas Sarkozy », renchérit Philippe Goulliaud, rédacteur en chef du service politique du Figaro et fin connaisseur des arcanes de la politique.
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Juppé voit loin et prévoit tout », tonne Franz-Olivier Giesbert, figure du Point toujours prompt à tresser des louanges au « courageux » Juppé dans ses éditos. FOG connaît les médias et Juppé par cœur : le Girondin ne laisse effectivement rien au hasard.
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Il gagnera en restant ce qu’il est. Inutile de construire un personnage. Alain Juppé est un homme d’Etat. On n’élit pas Miss France mais le futur Président de la République », rappelle Eve Zuckerman, directrice adjointe de sa campagne numérique.

C’est au troisième étage d’un immeuble haussmannien, boulevard Raspail, entre Saint-Germain-des-Prés et l’Assemblée Nationale, que s’écrit l’histoire de ce Juppé Tour. Une histoire qui doit se conclure par une victoire en mai 2017. Voilà donc le QG de la PME Juppé : un 200 mètres carrés où phosphorent 5 salariés et une kyrielle de petites mains bénévoles. C’est ici que se retrouvent, chaque mardi, les fidèles lieutenants du Bordelais (Hervé Gaymard, Edouard Philippe, Benoist Apparu, Virginie Calmels, Christine Albanel, Maël de Calan…) pour des réunions stratégiques avec l’homme clé de la communication d’Alain Juppé, Gilles Boyer, son spin doctor, directeur de campagne, conseiller politique et homme de confiance. « Alain Juppé a toujours pensé que le savoir-faire primait sur le faire-savoir, qu’il a parfois tendance à négliger », dit-il. Alors, sans fausse décontraction, Alain Juppé se lance dans communication plus que jamais millimétrée, selon la tactique des frappes ciblées.

La communication d’Alain Juppé est concentrée sur quelques séquences, notamment la sortie de ses quatre livres programmatiques. Des ouvrages destinés à occuper l’espace politique d’ici à la primaire de novembre 2016. Deux sont déjà parus : le premier sur l’éducation en août 2015 (« Mes chemins pour l’école »), le second sur des sujets régaliens en janvier 2016 (« Pour un Etat fort »). A chaque sortie, Alain Juppé a eu de longs entretiens avec al presse écrite, de grands débats dans des émissions grand public. Pour la publication en mai de son troisième opus, consacré à l’économie, une forte communication est prévue dans tous les médias.

Avec un seul objectif : la primaire de la droite et du centre et, au-delà la présidentielle …


(*) Extraits de l’article de l’article de Alexandre Le Drollec in TéléObs-L’Hebdo des Médias

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