LE DECLIN DE L’OCCIDENT ?

La semaine dernière nous nous posions la question de la survie de l’Europe à la lecture d’ « Europa » de Valéry Giscard d’Estaing. Aujourd’hui, c’est du déclin de l’occident dont il est question avec le livre de Niall Ferguson, « Civilisations : l’Occident et le reste dumonde », aux Editions Saint-Simon (314 p, 21,80 €).

Les Etats-Unis font du sur-place, la Chine devient la première puissance mondiale et les Etats occidentaux, notamment Européens sont en récession, ou menacent de le devenir, avec des déficits abyssaux, des croissances peau de chagrin et des politiques étrangères incohérentes.
Avec des Etats islamiques qui nous défient, un communautarisme qui met à mal nos identités, républicaines ou nationales, des paradis fiscaux qui se légalisent, même au cœur de l’Europe comme le Luxembourg, et les corruptions qui d’actives deviennent passives, mais sévissent toujours.

Est-ce la fin de l’Occident comme ce fut la fin de l’Empire Romain ? Comme la chute de Rome fut la fin d’une civilisation, du plus grand empire jamais constitué, vieux de plus de 1 500 ans. Et qui sera notre Romulus Augustule, le dernier empereur romain d’Occident qui abdique en 476, symbole de son effondrement ?

Pour Niall Ferguson, le déclin de l’Occident est réel, mais ce n’est pas une fatalité, on peut l’enrayer.

Car, écrit-il « Aucune autre civilisation ne s’est imposée au reste du monde comme l’a fait l’Occident. En 1500, les futures puissances impériales d’Europe couvraient 5% des surfaces émergées du globe et représentaient au mieux 16% de sa population. En 1913, onze empires occidentaux contrôlaient près des trois cinquièmes de la population et près des trois quarts (un vertigineux 74%) de la production économique mondiale ».

Alors que faire ?
Que faire pour que l’Occident de 2014 retrouve son paradis perdu ?

Niall Ferguson, et c’est le point central de son ouvrage, définit le logiciel des succès européens, puis occidentaux. Il comprend six « killer applications ». D’abord l’idée de compétition, aussi bien sur le plan économique que sur le plan politique. Une libre compétition qui pousse les uns et les autres à trouver les meilleures solutions, les plus efficaces. Ensuite des protections, au nombre de trois. Protection de la propriété par la loi, protection de la santé et donc de la vie par la médecine, protection de l’avenir par la science et ses grandes découvertes. Enfin la mise en place d’une société de consommation et d’une éthique du travail qui permettent de créer les flux économiques, de l’épargne à l’investissement. Sauf que pour Niall Ferguson ce qui a fait la puissance et la richesse de l’Occident « était un software que n’importe qui pouvait reproduire, un modèle qui explique donc la grande divergence d’autrefois et la grande convergence actuelle ».

Et si demain nous réactivions notre logiciel ?
Celui là, ou plutôt, un autre…
Ne plus regarder notre avenir dans le rétroviseur, mais au contraire, réinventer notre civilisation occidentale !
Comme l’Europe et la France en son centre ont déjà su le faire à l’époque ʺdes lumièresʺ !
Alors, réinventer la France, pour sauver l’Europe, et réinventer le Monde…

Richard POGLIANO

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