LE CODE DU TRAVAIL (*)

Cent fois nos gouvernants ont promis de repenser le Code du Travail, comme si cela était la solution à tous nos problèmes, notamment de chômage…
Cent fois des rapports, et autres contributions, ont été commandés, celui d’aujourd’hui proposant l’inverse de celui d’hier…

Après le rapport Combrexelle en septembre dernier, le dernier en date est celui de Robert Badinter, qui ne fait pas exception à la règle…
Il propose… Aucun intérêt, semble-t-il, car Manuel Valls a déjà annoncé un bloc de droits intangibles…
D’ailleurs, il y a quinze jours à Davos, Emmanuel Macron a dit l’inverse de ce qu’avait dit Hollande en septembre 2015…, mais il a dit à peu près la même chose que ce qu’a annoncé Manuel Valls mardi dernier…, ce sur quoi la jeune ministre Myriam El Khomri n’est pas du tout d’accord… tout comme Martine Aubry… pas plus que les frondeurs socialistes !
La seule chose sur laquelle tout le monde semble tomber d’accord, c’est de privilégier les accords d’entreprises, branche par branche.
Mais encore faudrait-il que l’Etat montre l’exemple, ce que manifestement il est incapable de faire, si on regarde les manifestations actuelles et les grèves annoncées.

Certes le Code du Travail français, c’est plus de 4.000 articles en 3.400 pages pour 1,5 kg de papier dans l’édition Dalloz de 2013. Plus la jurisprudence.
On le compare souvent à sa version minimaliste, celle des Suisses qui ne comporte guère que 200 articles. Mais chez les Suisses, le SMIC n’existe pas, les salaires et le temps de travail sont généralement le fruit d’accords d’entreprises, et si votre patron a l’envie de vous flanquer à la porte, il n’est pas obligé de s’en expliquer devant le conseil de prud’hommes. Forcément, ça facilite la vie.

Mais je vous le dis, tout cela n’est que de com’, du baratin, du cinéma !

Madame le ministre Myriam El Khomri va réfléchir en février, puis annoncer ses projets le 9 mars en Conseil des Ministres…
Ensuite, elle mettra en place une Commission de Refondation du Code du Travail et les discussions commenceront en mai…
En juin, il faudra préparer les vacances parlementaires…
De retour, en septembre, ce sera le lancement des élections primaires à droite…
Et puis, en janvier 2017, nous rentrerons dans la campagne des élections présidentielles…

Alors, une fois encore, le changement… ce n’est pas pour maintenant !

Richard POGLIANO

(*) In et d’après « Boulevard Voltaire ».

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