Le BTP s’attend à une année 2013 très difficile

Le BTP s’attend à une année 2013 très difficile
(In Nicematin.com – mardi 15 janvier 2013)

Difficultés de financement, concurrence déloyale d’entreprises étrangères, mesures fiscales : ce secteur d’activité risque de perdre près d’un millier d’emplois dans les Alpes-Maritimes

Le slogan « On n’arrête pas le futur » retenu par la FBTP pour sa campagne 2 013 de communication résonne comme une incantation. Car les tendances présentées hier par les représentants azuréens des métiers du bâtiment et des travaux publics n’incitent guère à l’optimisme.
Le président Laurent Trocmé n’a pu que constater les difficultés s’accumulant sur son secteur d’activité qui représente ici dans les Alpes-maritimes 24 500 emplois : « Hors intérim, nous avons perdu 500 postes temps plein l’an passé. Pour 2013, on table sur une nouvelle contraction des effectifs, sans doute un millier d’emplois qui risquent de disparaître ».
Autre indicateur inquiétant, celui des procédures collectives, qui ont augmenté de 10 % ces derniers mois : « La situation de ces entreprises est si dégradée qu’elles partent de plus en plus souvent directement en liquidation, sans phase de redressement ».

De multiples causes expliquent ce trou d’air.
En voici les principales :

Logements neufs : 8.867 ont été mis en chantier dans les A.-M. en 2011, et seulement 5.848 l’an passé. Ce ralentissement s’explique par les prix du neuf, la réduction des avantages du dispositif Sellier, l’augmentation de la taxation des revenus locatifs et la modification du régime des plus-values. Autant de raisons qui « font que la clientèle ressent une instabilité fiscale, ce qui est nuisible à l’investissement locatif ».Conséquence : les programmes neufs ne s’écoulent plus.

Travaux publics : ils ont baissé de 2 % au niveau national « mais nettement plus dans le département » où peu d’aménagements d’envergure furent ouverts en 2012, à l’exception de ceux d’Escota à l’entrée ouest de Nice. Dans le génie civil, le volume des travaux en stock a été divisé par deux en un an.

Les finances : en attendant la création prochaine de la Banque Publique d’Investissement (BPI), les collectivités ont du mal à financer leurs investissements. Beaucoup sont obligées de reporter leurs projets.
La concurrence : celle déjà ancienne des autoentrepreneurs, que la FBTP considère comme « déloyale ». Et celle plus nouvelle des entreprises étrangères qui « détournent la loi sur le détachement ».Ces dernièresfont travailler ici des salariés sans avoir à acquitter des charges aussi importantes qu’en France. « Pour ces sociétés, le coût du travail est inférieur de 50 %. Dans ces conditions, nous perdons chaque jour des parts de marché, sur les petits comme sur les grands chantiers ».

Problèmes divers : la baisse des marges, le manque de trésorerie, le problème de l’évacuation des terrassements (déchets inertes) avec la fermeture du site de La Roque à Roquefort-les-Pins par décision du tribunal administratif.

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