L’AVENIR DU STADE DU RAY

D’ici la fin de l’année, la Ville de Nice devrait organiser un référendum pour connaître l’opinion des Niçois sur l’avenir du stade du Ray.

Quel va être le devenir des quelques sept hectares d’espaces libérés par le départ de l’OGCN à St Isidore ? Comme toujours, le sujet est loin de faire l’unanimité. Et que ce soit au Conseil Municipal ou en ville, il y a autant d’avis différents qu’il y a d’élus ou de citoyens, directement concernés ou pas.

Mais il est au moins quatre points sur lesquels un accord unanime peut se faire.

Tout d’abord, la densité de la population de Nice-Nord est très forte, l’une des plus importantes de la Ville. On peut légitimement s’interroger sur le maintien de ces sept hectares en Zone Urbaine Dense au Plan Local d’Urbanisme. Il est donc impensable de n’envisager sur le site qu’un projet immobilier.

Ensuite, le stade actuel devient un enjeu stratégique important en terme sportif. La ville est sous-équipée en structures et espaces sportifs. Et les besoins sont de plus en plus forts, aussi bien dans le cadre traditionnel des clubs sportifs que dans celui du sport pour tous, qu’il soit scolaire ou individuel. Il est donc indispensable de préserver le stade du Ray, en lui donnant une destination de terrain de grand jeu, avec maintien de la pelouse actuelle, démolition des tribunes, création d’une  piste d’athlétisme et de vestiaires. Et rien n’empêche, dans ce cadre, d’envisager, jouxtant ledit terrain, la création d’une salle omnisports, dont la capacité serait à étudier, avec réinstallation des clubs de billard et d’escrime, ainsi que, bien entendu des locaux administratifs.

Autre élément sur lequel tout le monde pourrait s’entendre, la nécessité de faire de cet espace un véritable poumon vert pour le quartier. Et donc d’aménager aussi bien des jardins que des circuits promenades avec des arbres de haute futaie et des bancs de repos. Ainsi pourrait être conjugués sports et nature.

Enfin, et cela me paraît tellement essentiel que je ne peux imaginer un désaccord là-dessus, associer les citoyens à la décision publique, dans un véritable souci de co-construction, en toute indépendance. Comme je l’ai souvent dit, et écrit, parler de co-construction est une autre façon de mettre en place une nouvelle gouvernance qui, dans une démarche participative, remet le citoyen au cœur de toute chose. C’est aussi un moyen de recréer des liens. Et de se retrouver. De réapprendre à travailler ensemble, en étant, tout à la fois, acteur et responsable.

Voilà les quatre axes que nous pouvons poser comme préambules à toute réflexion sur l’avenir du stade du Ray et, au-delà, sur le devenir de tout un quartier. En s’opposant à toute nouvelle densification urbanistique qui serait dramatique, même si la création de logements à la marge n’est pas à exclure. Tout comme est envisageable  l’implantation d’un hôtel de bon standing, des équipements publics et des parkings.

Reste que tout projet d’avenir doit maintenant se définir dans le cadre d’un éco-quartier. La collectivité municipale doit faire le choix de la croissance verte, c’est-à-dire du développement durable. Mettre en œuvre une politique de l’énergie, en construisant des bâtiments qui produisent leur propre énergie, en électricité, chauffage et eau chaude. Et donc sont autonomes. Mieux, peuvent en fournir aux autres. C’est créer des emplois, d’installation et d’entretien, sur site, et qui n’iront pas ailleurs. Et c’est réduire, et sa facturation énergétique, et les émissions polluantes.

Ainsi, non seulement nous devons relever le défi de faire du futur quartier du Ray une réponse aux attentes de sa population, mais être aussi pilote en matière de stratégie économique et amener tous les partenaires, publics et privés, à devenir acteurs de ce développement durable. Même si de nombreux freins existent, avec un Etat, dont la lisibilité en la matière est à géométrie variable.

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

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