L’ANTI-FRANCE SOCIALISTE

Le projet de réforme des programmes du collège, présenté par la ministre de l’Education Nationale Najat Vallaud-Belkacem, fait table rase de l’histoire de notre nation, la France, et procède d’un nivellement par le bas, en supprimant d’une part les langues anciennes, latin et grec, et d’autre part les classes de langues avancées, comme les classes bi-langues et les sections européennes de sixième. Pour ne prendre que certains points de la réforme, qui mettent profondément en cause notre ʺvivre ensembleʺ.

Car je ne souhaite pas, ici, relever toutes les bouffonneries que comprend ce projet de réforme des programmes. Ce serait trop long et dramatiquement sans intérêt. Comme par exemple dans le futur programme d’éducation physique, pour la natation, on n’apprend plus à nager, mais à « construire la capacité à traverser l’eau avec le moins de résistance en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête, et à se déplacer de façon autonome, plus longtemps, plus vite, dans un milieu aquatique profond standardisé ». Pour le tennis, il s’agit d’apprendre « à interpréter seul le jeu pour prendre des décisions et rechercher le gain d’un duel médié par une balle », et pour le judo, vaincre « un adversaire en lui imposant une domination corporelle symbolique et codifiée ».
Tout cela, comme vous le voyez est grotesque, mais ce n’est pas bien grave.


Du moins, pas aussi grave que rejeter l’histoire de son pays, la réécrire au nom d’une idéologie socialiste, et abaisser le niveau de nos collégiens, au nom d’un égalitarisme des plus anti-républicains.


C’est un avis unanime, qui traverse tous les courants de pensée.


L’académicien Jean d’Ormesson : « 
Mettre en vigueur le projet de réforme de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ce serait menacer toute la partie peut-être la plus brillante de notre littérature ».

Le philosophe Michel Onfray : «  L’école républicaine m’a appris à lire, écrire, compter et à penser. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aujourd’hui à l’école, on apprend le tri des déchets ou la théorie du genre ».

L’écrivain Pascal Bruckner : «  On supprime le latin, le grec et l’allemand aux collégiens pour leur donner à la place du Jamel Debbouze ».

L’essayiste Régis Debray : «  La civilisation ce n’est pas le Nutella, c’est l’effort ».

Le philosophe ex-ministre de l’Education Nationale Luc Ferry : «  On est dans la thématique, dans le moralisateur, alors que jamais, dans l’Histoire de France, on a eu autant besoin de remettre du chronologique, de l’enchaînement et du linéaire ».

Et c’est bien de cela dont il s’agit.

Auparavant, les programmes d’histoire étaient totalement chronologiques. On expliquait la Première Guerre Mondiale, par exemple, à partir des causes historiques, les crises et les conflits qui l’avaient précédée, et l’enchaînement des effets qui ont conduit à la guerre.

Aujourd’hui, le programme ne traite seulement que de la violence et des horreurs dans les tranchées. Comme si notre pays était coupable de crimes, sans aucune explication, ni dates, ni rien. On remplace l’histoire par la morale. Il y a des morts, la France est coupable, point à la ligne.

Et notre civilisation est présentée comme inhumaine, colonisatrice et esclavagiste. Savez-vous que le programme de quatrième ne parle plus de notre France des lumières. Exit Voltaire. Exit Rousseau. Exit la révolution culturelle qui a fait la démocratie, l’esprit critique et tous nos combats contre la tyrannie. Quant à nos origines chrétiennes, ce ne sont qu’idéologies qui nous ont conduits au racisme et autre xénophobie. A rejeter, le christianisme. Vive la repentance !

Bref, on va enseigner aux jeunes français la haine de leur culture. Comme le remarque l’historien Jacques Julliard (*), ces programmes « respirent la gêne d’être français, voire la honte d’être français ».
Le tout, en s’amusant, en remplaçant l’effort de compréhension, et donc d’apprentissage, par une culture de l’émotion et donc de la facilité.

Quand on sait que plus de trente pour cent de nos enfants entrent en sixième avec de grande difficulté pour lire, écrire, compter, et que les classes de CP sont déterminantes dans leur avenir, c’est d’abord aux classes primaires qu’il faut s’intéresser. C’est dans le primaire qu’il faut proposer des réformes, comme dédoubler les classes surchargées.

L’urgence est là.

C’est là qu’il y a de terribles défis à relever pour redonner à notre école son sens premier, celui de la réussite républicaine et de la formation de nos enfants, les citoyens de notre futur, de la France de demain.

Non dans des réformes où l’on supprimerait la grammaire et la fierté de parler français, d’être français, tout simplement.

Comme si le gouvernement socialiste avait décidé de jouer contre la France, pour mettre en place, en quelque sorte, une anti-France socialiste.

Richard POGLIANO, Président du Cercle de Nice

(*) In Marianne & Valeurs Actuelles – 4094/14515

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