LAICITE, J’ECRIS TON NOM…(1)

La laïcité, c’est la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, promulguée le 9 décembre 1905.

C’est une loi qui ne s’est pas faite du jour au lendemain. Elle a mis quasiment 20 ans pour être mise en place. Il a fallu de longues négociations pour aboutir, en 1924, à une solution acceptée par toutes les parties. J’aurais l’occasion d’y revenir (a), mais je voulais d’entrée le souligner, pour illustrer les difficultés que nous avons eu dans le passé et donc celles que nous aurons immanquablement dans l’avenir vis-à-vis d’autres religions…

La loi de 1905 est, d’abord et avant tout, une loi de pacification, une grande loi de réconciliation nationale entre « ceux qui croient au Ciel et ceux qui n’y croient pas », comme disait le poète Aragon. Une loi qui noue le dialogue entre les anticléricaux et les religions, les catholiques comme les autres, et qui les unit autour d’un même texte.

Alors, on a fait cette loi simple, concise et efficace. Cette loi qui crée la plus belle et la plus grande des exceptions françaises : la laïcité.

Une laïcité qui ne juge pas, ne condamne pas, ne rejette pas.
Une laïcité qui assure la liberté de pensée, de conscience et de religion.
Une laïcité qui est une main tendue, mais en même temps un rempart, une limite, une mise en garde.
Une laïcité qui est devenue, au fil des ans, le supplément d’âme de notre nation.
Une laïcité qui structure l’organisation de notre pays, qui incarne à elle seule notre République.

Aujourd’hui, plus personne ne songe à restreindre la place des Eglises dans notre société.
Mais aujourd’hui, comme hier, il nous faut nous battre pour la laïcité française.
Parce qu’elle est menacée.
Menacée par ces formes nouvelles que sont le communautarisme et l’intégrisme.

Et ce n’est pas rendre service à l’immense majorité des croyants que de laisser les intégristes gagner pas à pas du terrain.
Face à eux, aucun accommodement n’est possible.
Aucun accommodement n’est raisonnable.


Plus que jamais donc, il nous faut défendre la laïcité.
Plus que jamais, il nous faut mettre la laïcité à l’ordre du jour.
Plus que jamais, il nous faut en parler, il nous faut la faire vivre.
Ici en France, comme en Europe, dans chaque pays européens.
L’exception française doit devenir l’exception européenne.

Et la laïcité doit redevenir le sujet politique central, majeur, de notre pacte républicain.

Si nous voulons continuer le miracle de la République ʺune et indivisibleʺ,
Si nous voulons préserver ce Lieu où nous pouvons échanger, débattre et construire en tout liberté,
Si nous voulons respecter les différences et refuser d’enfermer l’individu dans son origine, sa religion, sa culture ou sa couleur de peau,
Si nous voulons favoriser le développement de citoyens français et refuser les tribus,
Alors nous devons faire de notre laïcité une idée neuve, un nouveau projet pour les pays du monde entier.

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

(a)Texte qui sera publié dans ma Newsletter du 2 février 2015, « Laïcité, j’écris ton nom…(3) »

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