LAICITE, J’ECRIS TON NOM…

La laïcité est donc la valeur fondatrice et le principe essentiel de notre République Française.
En France (1), de nombreux textes la définissent, qui peuvent se regrouper autour de trois grands axes fédérateurs.

1. La neutralité de l’Etat.
La neutralité de l’Etat est la première condition de la laïcité.

Cela veut dire que la République assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et que donc chaque citoyen est traité de la même façon quelle que soit son appartenance religieuse.
Cela veut dire aussi que l’Administration de la République donne toute les garanties à chacun de cette neutralité, et l’exprime en son sein pour que nul n’en ignore, et ne doute de cette neutralité. Toute manifestation religieuse et tout port de signe religieux sont interdits dans le cadre du Service Public, sans exception aucune.

2. La liberté de conscience.
La seconde condition est de concilier le principe de la séparation des Eglises et de l’Etat avec celui de la liberté religieuse.

Cela veut dire que la République garantit et protège la liberté de culte de chacun, dès lors qu’elle ne trouble pas l’ordre public. « La République assure la liberté de conscience, elle garantit le libre exercice des cultes ».
Cela veut dire aussi que chaque culte, sans discrimination, est considéré de la même façon, sans que l’Etat Laïque n’en favorise ni défavorise aucun. Et que, par corollaire, les édifices cultuels construits depuis la loi de Séparation (2) sont des biens privés, financés et entretenus par les seuls fidèles.

3. Le pluralisme.
L’Etat assure l’expression de toutes les religions, et s’il ne reconnaît aucune religion, il n’en méconnaît aucune. C’est le troisième pilier de la laïcité.
Cela veut dire que la République assure le principe de l’absence de distinction entre les anciens cultes et les autres. Et que donc toutes les religions ont droit à l’expression, quelle que soit leur importance, leur ancienneté et leur contenu.
Cela veut dire aussi que notre droit, aussi bien public que privé, n’a pas à faire de distinction entre l’une ou l’autre de ces religions. Et qu’il nous faut enregistrer la présence d’une religion dès lors qu’autour d’une même foi se réunit une communauté de fidèles. A condition qu’elle accepte, comme toutes les autres, d’être soumise au droit commun républicain.

Il est essentiel de bien comprendre que le principe de la séparation des Eglises et de l’Etat ne peut qu’être associé avec celui de la Laïcité, tant cette dernière lui est indissociable, et que ces principes sont intimement liés entre eux.
La Laïcité garde, aujourd’hui plus que jamais, toute son importance et la défendre dans chacun de ses principes, c’est éviter que notre édifice républicain ne se dénature.
C’est aussi proposer un projet d’avenir aux peuples du monde entier.

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

(1)En Europe, la Convention consacre, dans son article 9, « la liberté de pensée, de conscience et de religion » et la jurisprudence de la Cour Européenne développe les dispositions relatives à la liberté religieuse. Pour s’y retrouver, il faudrait y consacrer une étude spécifique, ce qui n’est pas l’objet ici. Disons simplement, que la Cour se garde bien d’imposer une position commune à tous les Etats, mais, sans généraliser le terme de laïcité, elle en consacre l’esprit, tout particulièrement en ce qui concerne la neutralité de l’Etat.

(2)J’aurais probablement l’occasion de revenir sur ce thème des édifices religieux dans une prochaine Newsletter.

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