LA REVOLUTION (6)

LA REPUBLIQUE ASSIEGEE – L’ANNEE TERRIBLE
2 juin 1793 – 27 juillet 1794
9 thermidor an 2

Après la mort du roi et la chute des Girondins, une constitution est élaborée le 24 juin 1793 avec de nouveaux droits : droit du travail, à la propriété, à l’instruction avec l’école obligatoire et gratuite, l’instauration du suffrage universel, la déchristianisation du pays, etc. Nous sommes en l’an 2, car à partir du 22 septembre 1792, tous les actes officiels sont datés de l’an 1 de la République, et un nouveau calendrier a été mis en place.

Depuis le 10 mai, l’Assemblée s’est installée aux Tuileries. Mais qu’il s’agisse de l’Assemblée, du Comité de Salut Public, de la Commune de Paris ou des Jacobins, c’est Robespierre qui domine la Révolution. Seuls les Cordeliers gardent leur distance.
Pourtant, la prise du pouvoir par les Montagnards n’a pas calmé la sans-culotterie parisienne. Un nouveau courant s’est constitué, dirigé par Roux et Hébert, les Enragés. Marat s’oppose à eux, il est assassiné chez lui par Charlotte Corday, le 13 juillet 1793. L’agitation à nouveau gagne tout le pays. Le 5 septembre, l’Assemblée institue l’économie de guerre et la Terreur. Une nouvelle loi sur les suspects est votée. Dans les communes, les comités révolutionnaires dressent des listes, des massacres ont lieu.

Robespierre est plus proche de Danton que d’Hébert. En janvier 1794, des preuves semblent attester de malversations financières concernant Danton, et Robespierre est obligé de prendre ses distances. Le 5 février, dans un discours à la Convention, il rappelle : « La vertu sans laquelle la terreur est funeste, la terreur sans laquelle la vertu est impuissante ». Le 29 mars, Danton et ses amis sont arrêtés, le 6 avril, ils sont guillotinés.
Désormais, Robespierre est le seul maître de la Révolution.

Le Comité de Salut Public est mené par le triumvirat Robespierre, Saint-Just et Couthon, et crée en son sein un Bureau de Police, qui ne peut que concurrencer celui de Sureté Générale. Les représentants en mission sont remplacés. Le 10 juin (22 prairial) à l’Assemblée, Couthon dénonce la lenteur du Tribunal Révolutionnaire. Un nouveau degré est franchi dans la répression. Le tribunal ne pourra plus prononcer que l’acquittement ou la mort. La grande terreur commence.

Installé place du Trône, à la barrière de Vincennes, la guillotine tranche des têtes : 354 en avril, 509 en mai, 796 en juin et 342 pour les neuf premiers jours de juillet. La nausée s’empare de Paris. Nombreux sont les Conventionnels qui commencent à craindre pour eux, les responsables des massacres en province, les premiers.

La Terreur, c’est la guerre qui la justifiait. Or, depuis mai, les armées révolutionnaires françaises ont triomphé, partout. La Révolution a terrassé ses ennemis. Un immense désir de paix s’empare de la France entière.

Entre les deux grands Comités, Salut Public et Sureté Générale, la tension monte. Isolé à partir du 29 juin, Robespierre se retire de l’arène politique, laissant Saint-Just et Couthon défendre ses positions. Pour rapprocher les deux Comités, Saint-Just organise le 22 juillet une séance commune. Un rapprochement se dessine, qui conduit Robespierre le 26 juillet à venir devant la Convention pour justifier son action. Pendant deux heures et demie Robespierre accuse ses ennemis. Brouhaha général. La séance est levée. Elle reprend le lendemain, 9 thermidor à 14 heurs. Pour les opposants, si Robespierre reprend son ascendant sur l’Assemblée, il y va de leur vie. Pendant toute la journée, c’est le triumvirat qui est mis en accusation et en fin de séance Robespierre, Saint-Just, Couthon et leurs amis sont décrétés d’arrestation, sous les acclamations de l’Assemblée entière et debout.
Robespierre et les siens sont amenés à la prison du Luxembourg, puis à l’Hôtel de Ville, où sont massés les sectionnaires et la Garde Nationale. Ils ont le pouvoir de renverser l’Assemblée. Ils n’en font pourtant rien. La Convention a gagné.

Le lendemain les prisonniers sont transférés à la Conciergerie quelques heures, le temps de monter la guillotine place de l’Egalité (place de la Concorde). Accusés d’avoir voulu établir une dictature, Robespierre, Saint-Just, Couthon et leurs amis doivent mourir là où est mort Louis XVI.

A 20 heures, quand le soleil se couche sur Paris, Sanson officie.

Fin du sixième acte.

(à suivre)

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