LA REVOLUTION (6)

LA REPUBLIQUE MODEREE
28 juillet 1794 – 27 octobre 1795

La mort de Robespierre électrise Paris. C’est la Terreur qui disparaît. Une immense vague de joie et de soulagement submerge la ville. Le désir et l’insouciance réapparaissent.

A l’Assemblée, la disparition des chefs montagnards laisse le pouvoir au Marais, c’est-à-dire aux modérés, républicains dans leur immense majorité. Les deux grands Comités sont remaniés. La Commune disparaît. Les derniers chefs Montagnards sont arrêtés fin décembre 1794.

Le 4 janvier 1795, le thermomètre descend à -10°, le 23, à -15°.
L’économie de guerre permettait, seule, d’assurer le ravitaillement des grandes villes. Sa disparition, jointe aux effets d’une récolte catastrophique, provoque à Paris, une véritable famine. En mars, la colère gronde. Le 1
er avril, elle éclate. En mai, l’armée intervient, l’émeute est brisée.

La République a beaucoup fait en quelques mois. Mais, sans constitution, son gouvernement reste fragile. La Révolution revient à son point de départ : elle ne peut que retrouver son projet initial d’une monarchie constitutionnelle.

Face à des émigrés obsédés par la vengeance et le retour à l’Ancien Régime, le jeune dauphin, Louis XVII, est le dernier espoir de la noblesse libérale et des monarchistes constitutionnels. Le 8 juin 1795, sa mort est officiellement annoncée. Pour les libéraux, c’est une catastrophe.

Devenu Louis XVIII, le comte de Provence publie immédiatement son programme : retour à l’ancien régime, sans les abus, punition des régicides… C’est un suicide politique, d’autant qu’au même moment échoue un plan d’invasion anglo-royaliste.

La maladresse de Louis XVIII et la duplicité de l’Assemblée ne laissent d’issue aux royalistes que l’émeute, pour imposer ses idées.
Elle éclate le 5 octobre 1795 (13 Vendémiaire).

Prévenue, la Convention s’est préparée. Barras, qui avait fait arrêter Robespierre, est chargé de la défendre avec le concours de l’armée. Il en confie le commandement à un jeune général, qu’il avait connu à Toulon : Napoléon Bonaparte. Artilleur, celui-ci dispose ses canons dans l’axe des rues et des ponts qui mènent aux Tuileries. Quand arrivent les 25 000 insurgés, ils sont accueillis par des salves ininterrompues. Devant l’église Saint-Roch, le combat fait rage. A la fin de la journée, plus de 300 morts jonchent le sol. L’émeute cède.

Pour la seconde fois, l’armée sauve la République.
Fin du septième acte.


(à suivre)

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