LA REVOLUTION (5)

LA REPUBLIQUE DECHIREE
21 septembre 1792 – 2 juin 1793

Après le 10 août, une question se pose : que faire de la famille royale ?

Encore faut-il savoir qui, de la Convention ou de la Commune, décidera. La première veut l’installer au Palais du Luxembourg, la seconde, au Temple. Trois jours durant on discute, pendant lesquels elle séjourne dans le couvent des Feuillants. Finalement la Commune, parce qu’elle a pris les Tuileries, impose sa solution. Le roi lui appartient : elle le gardera, avec sa famille, dans l’ancien enclos des Templiers.

La troisième Assemblée de la Révolution compte autant de députés que la Législative. Avec une différence majeur, la quasi disparition de la noblesse et du clergé. Au côté de Robespierre siègent Danton, le jeune Saint-Just ou Marat. Soutenus par la Commune de Paris, les Robespierristes, appelés Montagnards parce qu’ils siègent en haut des tribunes, constituent une minorité radicale. Seuls deux grands clubs subsistent : les Jacobins, où s’entredéchirent Girondins et Montagnards – les Cordeliers où règnent Marat et les représentants des sections parisiennes. Les Girondins dominent toujours l’Assemblée, même si la grande majorité des convent ionnels préfère garder son indépendance. Cette prudence et le fait qu’elle siège au bas des tribunes la feront appeler le Marais.

La découverte des papiers de l’armoire de fer a confirmé la culpabilité du roi : il a trahi la Nation
Le 5 décembre 1792, la Convention décide qu’elle jugera elle-même le roi. La première audience a lieu le 21. C’est le citoyen Louis Capet qui comparaît.
Le 14 janvier 1793, le procès entre dans sa phase finale. Trois questions sont posées aux députés. Louis est-il coupable ? Doit-on en appeler au peuple ? Quelle peine lui infliger ?
A la première, l’énorme majorité répond oui. La seconde est rejetée par 423 voix contre 286. Il faudra plusieurs jours et plusieurs scrutins pour répondre à la troisième, car chaque député doit se prononcer individuellement et expliquer son vote, debout devant ses collègues. Le 19 janvier, un ultime scrutin pose la question de l’exécution. Elle est décidée par 383 voix contre 310.
Le 21 janvier 1793, à 10h10, Louis ci-devant Roi de France et de Navarre, puis Roi des Français, enfin citoyen Louis Capet est exécuté Place de la Révolution.

L’exécution du roi n’entraîne pas de réactions dans le pays, ce qui n’est pas le cas à l’étranger. Toute l’Europe se sent menacer.
La guerre reprend de plus belle. La République est seule contre tous. Il faudrait 500 000 hommes sous les drapeaux. Il ne s’en trouve que 200 000. La levée de 300 000 hommes, jointe à la pénurie qui sévit dans le pays, amène une nouvelle agitation.
Le 23 février 1793, des émeutes éclatent à Paris. Les femmes pillent les boutiques. Le 14 mars, les paysans de l’ouest se soulève La guerre civile vient d’éclater. A une vitesse stupéfiante, elle se propage de partout.

Le 6 avril est créé à l’Assemblée un Comité de Salut Public. Dans tous les départements et auprès des armées, des représentants en mission sont envoyés. Ils ont les pleins pouvoirs pour surveiller ou se substituer aux autorités. Un tribunal révolutionnaire est chargé de juger les suspects que lui enverront des Comités de Surveillance Révolutionnaire installés dans chaque commune.

Dans le même temps, la lutte pour le pouvoir entre Girondins et Montagnards s’amplifie.
Le mois de mai est celui de l’insurrection. Les Girondins sont mis en accusation.
Le 30 mai, un comité central révolutionnaire de la Commune de Paris se constitue. Le 31 il organise une première manifestation devant l’Assemblée, exigeant de nouvelles mesures économiques et l’épuration de l’administration. En vain.

Le 2 juin 1793, 80 000 hommes armés et 115 canons assiègent la représentation nationale. Les députés cèdent. Ils déclarent d’accusation vingt-neuf girondins.
Les Montagnards triomphent. Fin du cinquième acte.

(à suivre)

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